Archives mensuelles : février 2016

Pont des trous ou Pont aux Ânes

à Bruxelles, la saga des tunnels, la mystification de la gestion architecturale des Musées fédéraux.

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Tournai – 23 octobre 2016 ©delirurbain

à Tournai, l’étonnante aventure du Pont des Trous…et le résultat si peu surprenant de la si populaire consultation.

Construit au XIII ème siècle le pont des Trous  visible actuellement est une restauration datant de 1948,   bien peu représentative de ce qu’il fut.

La restauration de 1948, suite aux bombardements de 1940 a déjà fortement modifié le profil de l’ouvrage: rehaussé de 2,40 mètres, arche centrale élargie, emploi du béton et simple parement de pierre: il peut encore  faire illusion. Une photographie datée 1892 nous en livre une toute autre vision…La largeur, la hauteur des arches sont presque égales, les ogives légèrement aplaties, le tout donne un pont trapu, robuste d’aspect.

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datée 1892 – capture d’écran 2016 ©inconnu

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après les bombardements – ca. 1940 capture d’écran 2016 © inconnu

Mais l’époque évolue, les liaisons fluviales reviennent dans l’actualité, le gabarit des barges et bateaux augmente et nécessite des ajustements: tours et détours, le choix politique s’est porté sur le maintien du cours de l’Escaut entraînant la destruction/reconstruction (partielle?) du pont. Patrimoine ou modernité, la question est posée, peut-être mal formulée!

Voici l’avant-projet mis en délibéré, dans ses deux versions : l’une de pierre, l’autre de métal ajouré…

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2016 capture d’écran ©Tournai.be

Métal ou pierre, la consultation populaire ne pouvait qu’entériner le conformisme absolu: le pastiche du passé, en pierre, au détriment de toute vérité patrimoniale et architecturale.
Mais aux dernières nouvelles, une proposition pour le moins romantique s’est glissée au devant de la scène: une ruine dans le plus pur style d’Achille Etna Michallon. Que de peintres perdus dans les brouillards de l’Escaut, seront reconnaissants à l’auteur de cet audacieux projet de pouvoir poursuivre ce délicat travail de mémoire. J’oubliais de vous dire que l’esquisse  serait de l’architecte Olivier Bastin.

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Olivier Bastin – projet d’aménagement du Pont des trous –  capture d’écran – Lavenir.net

Des alternatives ont été suggérées, dont celle de Michel Wiseur. Elles auraient pu convaincre les pouvoirs publics s’ils ne s’étaient lancés dans une périlleuse et probablement démagogique consultation populaire, leur permettant de ne pas assumer le choix.

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2016 capture d’écran ©Michel Wiseur

La solution proposée par l’architecte Michel Wiseur, avait l’élégance de reconnaître la mutilation du pont,  écrite dans l’histoire, sans le mauvais goût d’un vocabulaire bâtard.

© delirurbain octobre 2016

17 décembre 2016 – addenda

dans le Soir du 3 décembre 2016, je découvre avec « émotion » la caricature finale du pont des trous. Est-ce un (pauvre) simulacre de nef gothique, le vocabulaire  maladroit d’un enfant (charabia) ou le testament d’un architecte épuisé…

D’autres arches seront-elles disséminées sur le fleuve, telles des perles égrenant les ouvrages d’arts rendus caducs par la modernité…

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©Le Soir – 3/12/2016 capture d’écran

une pétition aux propositions intéressante est à lire,  et peut-être à soutenir, à chacun de juger:

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Classé dans Urbanisme

anniversaire et capitulation

Musée d’Art Moderne, cinq années déjà…

Nous commémorons cette année le cinquième anniversaire de la fermeture d’un Musée fédéral.

La disparition de ce Musée n’est pas due à des troubles de guerre,  des catastrophes  naturelles ou humaines. La cause n’en est ni Daesh, ni Fukushima: il s’agit  d’une décision managériale radicale et unilatérale du directeur: fermer (pour mieux déconstruire).

La Belgique et Bruxelles se propulsent ainsi au rang des premiers pays « civilisés » sans Musée d’Art Moderne/Contemporain  « National »

Deux fois en un siècle, le Musée d’art moderne disparaît ainsi longuement de la scène publique, dans une indifférence presque totale, que ce soit du monde politique ou des « élites » culturelles, en dehors de la résistance désespérée de « Musée sans Musée ».

Cette fermeture aurait pu engendrer des débats passionnés: il n’en fut rien. Chacun, Région, Ville, Fédération Wallonie Bruxelles, n’y voit qu’une occasion d’accaparer le butin au mépris de tout respect communautaire. Lamentable.

La Culture du chacun pour soi? Les artistes semblent les moins concernés, comme s’ils avaient fait leur deuil de cet outil.

Comment penser que les politiques puissent être motivés face à cette absence d’enthousiasme des acteurs même du milieu…

 

quelques liens et réflexions …

http://gerarddewallens.blogspot.be/2016/02/anniversaire-de-deces.html

https://museesansmusee.wordpress.com/2016/01/20/cinq-ans-sans-musee-dart-moderne-cest-assez/

https://delirurbain.org/2014/09/14/bouwmeester-la-question

 

 

 

 

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