Archives de Catégorie: Urbanisme

Sacré Square , l’engouement pour le façadisme

Guerre aux chancres, le renouveau flamboyant des promoteurs au centre ville semble encouragé par les pouvoirs communaux.
Après la rue du Marché aux Peaux et la rue d’une Personne avec le complexe “Îlot Sacré“* , le complexe “Square sacré“ * mérite l’intérêt du passant pressé…

Un ensemble aux ambitions luxueuses…se dissimule derrière l’alibi de façades dues à des architectes autrefois renommés et actifs dans l’univers avant-gardiste de leur époque.

Faisant fi du parcellaire, qui d’une certaine façon participe de l’authenticité d’un territoire historique, ces nouvelles interventions effacent de manière irréversible la mémoire du tissus urbain originel. Ces agissements ont pour commun dénominateur les vocables dents creuses, assainissement, mais jamais réinvention urbaine, audace, architecture humaine. Standardiser l’habitat mieux encore que  Le Corbusier, mais sans la réflexion. Ce sont des machines à habiter pour riches citoyens, transposables dans tous les interstices disponibles ou rendus tels par la spéculation. Lamentable, la ville échappe peu à peu à ses citoyens, sans grande opposition par ailleurs. Aseptisés, ces îlots d’entre soi ne créent pas de vivre ensemble, mais plutôt des forteresses aux lourdes grilles…

Les bâtiments des Hamesse, Blomme, Bourgeois (à Namur) auraient peut-être dû disparaître complètement plutôt que leurs façades ne servent d’alibi à une ville “d’apparence“ dont le centre historique devient un nouvel exemple, ville de carton pâte livrée en pâture à des visiteurs peu exigeants.

façade Paul Hamesse © delirurbain 1/2019

façade Adrien Blomme © delirurbain 1/2019

façade Antoine Dujardin © delirurbain 1/2019

De nombreux projets déjà réalisés (Azur, Caisse d’Epargne,…) ou à venir témoignent de la croyance en un renouveau du Centre ville, mais souvent ils semblent bien fermés sur eux-même et sans véritable vision architecturale…

 

*op cit.   “Le projet Îlot Sacré marque une nouvelle phase de l’histoire de l’architecture contemporaine d’un site dans le cœur historique de la capitale belge, au sein du périmètre UNESCO.“op cit.

*op cit “Situé au cœur du centre historique de Bruxelles,« Square Sacré » propose un large choix de logements de haut standing au sein du périmètre de protection de l’UNESCO. Situé au cœur du centre historique de Bruxelles – SQUARE SACRÉ se partage en 4 entités distinctes sur la rue de l’Ecuyer et la rue des Dominicains. Les immeubles rue de l’Ecuyer ont été conçu par des architectes de renom du début du XXe siècles dont « PAUL HAMESSE » , « ADRIEN BLOMME » et « ANTOINE DUJARDIN», ceux de la rue des Dominicains sont des maisons typiques du XVIIe siècle.“

 

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2019

Place des Palais – bâtiment 1930  © delirurbain 2/01/2019

 

delirurbain vous présente ses meilleurs vœux !

et particulièrement ceux  pour une architecture contemporaine et audacieuse qui s’insèrerait dans les dents creuses de la ville s’il en est encore temps !

Entre pastiche et recyclage, Bruxelles évolue péniblement. Le piétonnier chemine et sera bientôt livré/confronté à ses utilisateurs, piétons, cyclistes, livreurs, chalands, skateurs et autres …

Plusieurs chantiers emblématiques d’un renouveau possible mais bien timide sont en phase de concrétisation: l’ancien siège de la Société Générale (rue Ravenstein), le nouvel hôtel de police (rue Montagne de l’oratoire) le centre administratif de la ville ( rue des Halles ) : trois projets conséquents mais aux ambitions peu convaincantes.

Approche également le premier coup de pioche de ce qui ressemble à une pitrerie: le Musée/Palais du Chat, place des Palais, cela va de soi . Comme dit précédemment l’auteur en est le prestigieux Pierre Hebbelinck et son bureau. Là n’est d’ailleurs pas l’interrogation, ne remettant en cause aucune de ses qualités.
Le sujet reste l’opportunisme d’un projet “privé“ en ce site classé et ce, quel qu’en soit l’auteur ou le sujet. La réflexion est aussi politique qu’urbanistique.Le bâtiment actuel, sobre tout en affirmant son époque, respecte les contraintes urbanistiques du site. Le musée du chat est tout son contraire.

On pourrait y voir un écho aux verrières dessinées par Victor Horta pour le Palais des Beaux-Arts, si ce n’était qu’il a dû les dissimuler derrière une balustrade néoclassique pour respecter les contraintes urbanistiques. Autres temps, autre réflexion, peut-être faut-il redéfinir ces limites. Là et ailleurs dans la ville, certaines de ces contraintes ont donné lieu à nombre de constructions bâtardes.

De la timidité de l’intervention  des années trente, l’on passe à l’affirmation d’un diamant à taille brute, qui devient point de mire: du haut de la place, reflétant le ciel et éclats lumineux, le soir se parant de mille feux intérieurs. Le site classé devient l’écrin de cette verroterie chatoyante.

Je vous livre donc  les quelques photos réalisées ce 2 janvier 2019 et les  perspectives y correspondant, dues à l’atelier Hebbelinck 

Musée du chat – vue de la place des Palais – Pierre Hebbelinck – 2/2/2019 capture d’écran

MdC 01

place des Palais – état actuel du bâtiment 1930 © delirurbain 2/2/2019

 

 

 

 

 

 

Survol rapide d’un projet surprenant de par son irruption dans un site classé dont les contraintes paraissaient intangibles et par la prétention de son sujet, un chat qui, à n’en pas douter, ronronne déjà . Le débat peut-il encore avoir lieu?

simulation à partir des éléments publiés - ©delirurbain

Place des Palais – Musée du chat – simulation de vue nocturne à partir des éléments disponibles © delirurbain 2/01/2019

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villa Hermosa, nouveau chat-pitre

Le chat (Musée du) frémit, bien résolu à s’insinuer dans le tissus urbain très fermé et prisé de la place Royale. Le projet est entre les mains de Pierre Hebbelinck, architecte liégeois bien connu des amateurs d’arts pour être déjà l’auteur du Mac’s au Grand Hornu, et de bien d’autres projets.

Doit-on se réjouir de la nouvelle densification muséale du quartier, qui avait vu se fermer le musée “moderniste“ d’art moderne de Roger Bastin au profit d’un muséefin-de-sièclemuseum controversé ?

Le sujet ici n’est pas l’opportunité de consacrer un Musée à un auteur vivant (Antoine Wiertz n’avait-il pas obtenu de l’Etat la même faveur, contrairement à Camille Lemonnier ou Constantin Meunier, dont le bien fut transformé en musée à la mort) mais la façon d’esquiver toute réflexion publique sur les qualités ou non d’un immeuble 1930, plus encore d’un site, inscrit dans le paysage classé de la place des Palais, pour le remplacer par un nouvel objet, certes de verre vêtu, mais avide de visibilité… Bâtiment 1930 dont personne ne cite  le nom de l’architecte témoignant par là du refus de lui attribuer, même un instant, de possibles qualités.

Quelques liens qui permettent de mieux appréhender le passé et le projet qui semble unanimement attendu par les responsables bruxellois du tourisme et de la culture.

Bonne lecture

PS: dégustée par hasard ce dimanche 25 novembre, la cerise sur le gâteau…
et comme Jean-Luc Mélenchon, un moment unique d’ubiquité

 

https://arau.org/au/05-12-21.pdf

https://arau.org/au/06-10-30.pdf

http://www.pierrehebbelinck.net/fr/projets/386

op. cit.  Le Soir du 14/12/2005:
Les problèmes que les riverains appréhendent
La Région de Bruxelles-Capitale procède actuellement à d’importants travaux
de rénovation du complexe de l’ancien hôtel d’Hoogstraeten, situé entre la place
Royale et la rue Villa Hermosa. Ces travaux avaient été entamés sous l’ancienne
législature pour installer des cabinets ministériels et la chancellerie du Ministre
Président. Il avait été prévu de démolir l’immeuble dit « 1930 » pour faire place à un
jardin médiéval.
Après plusieurs atermoiements, la nouvelle majorité a décidé de renoncer à y
installer des cabinets et de maintenir l’immeuble « 1930 », ce qui est une bonne idée.
Il est prévu de rassembler dans le complexe les institutions actives dans la promotion
de l’image de Bruxelles et de conserver des salles de réception de prestige, ce qui est
aussi une bonne idée
3. Un horeca devrait prendre place au dernier niveau du
« 1930 », ce qui suppose un nouveau permis…qui n’a pas fait l’objet d’une
procédure, ce qui est une mauvaise idée. Le cabinet du Ministre Président a admis en
novembre 2004 «qu’il faudra un nouveau permis pour une nouvelle affectation» (Le Soir du 14/12/2005)

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Classé dans Musées, Urbanisme

un îlot si sacré primé, le chancre promu cancre

Rue Marché aux Peaux – Au bout de la rue, ineptie architecturale ©delirurbain

 

MIPIM Awards    Le projet Îlot Sacré, porté par Galika Human Estate et développé par le bureau DDS+ primé à Cannes!!!

La bonne nouvelle date du début 2018 mais est d’importance: la revitalisation du centre ville suit un processus inexorable. L’architecture universelle conquiert les parcelles les plus confidentielles. Ce projet apparemment apprécié des promoteurs qui s’auto-priment réunit probablement un nombre étonnant de qualités architecturales. Il est permis de pasticher Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir. Ici le pastiche s’érige en savoir faire. Tout est propre et beau, délicatement intégré dans un quartier historique: respect des matériaux, du contexte, implantation d’une mini tour en intérieur d’ïlot: un véritable tour de force. La rénovation de ces ruelles crée un magnifique entrelacs dont l’Unesco doit se réjouir.

Mais à y regarder de près plusieurs projets sont en passe de modifier définitivement les impasses et intérieurs d’îlot. Rue de la Fourche, rue des Bouchers, rue des Dominicains de nombreux chantiers s’annoncent…Cela  mérite une mise en lumière, mais aussi votre curiosité, amoureux passionnés de la ville, nous ne pouvons que vous conseiller de vous promener dans ce quartier tant décrié (pour ses restaurants pièges à touristes, par ailleurs en voie d’éradication pour raison immobilière) La promotion porte son fer au cœur du quartier, sans beaucoup de nuance, et pratique volontiers un façadisme radical.

L’ïlot sacré ne l’est pas pour tous et le risque  est grand d’un estompement irréversible de l’authenticité architecturale. Les rues défoncées, les commerces vides semblent promettre un changement d’affectation prochain. Quel avenir pour ce centre historique déjà lourdement hypothéqué ?

L’antienne est connue: boucher les dents creuses, densifier la ville, éliminer les chancres mais avec quelle vision, quelle réflexion sur le tissus urbain et l’architecture contemporaine?

Nous vous proposons de découvrir ce projet au cœur d’un quartier historique bien mal en point…

De nombreuses impasses: du Chapelet, de la Tête de Bœuf et d’autres sont menacées, sinon de disparition, de privatisation mais surtout d’un appauvrissement historique et architectural irréversible. Si au détour d’une ruelle vous tombiez sur le campanile des architectes DDS+ à Venise ou à Bruges, quelle serait votre réaction? Que d’errements urbanistique dans cette ville. Il ne peut être question de nostalgie, mais plutôt de vision d’un capital historique en peine déliquescence.

coursives, balcons, bac à verdure, toit pointu turlututu – vue idyllique du projet lauréat tel que vendu par lui-même – capture d’écran http://www.archiurbain.be/?p=6423

 

vue de l’implantation (cfr ARAU) capture d’écran

 

En attendant la nuit et ses lumières multicolores , la rue des Dominicains a mauvaise mine, rue défoncée, nombreuses enseignes fermées… ©delirurbain 9/2018

 

Rue des Bouchers – pavés déchaussés, emplâtre de bitume; les terrasses illégales disparues il ne reste rien de très accueillant dans cette artère: bâti mal entretenu, vitrines de commerces percées sans aucune réflexion sur l’historicité du quartier…interventions de « façadisme“… ©delirurbain 9/2018

 

le chancre de la rue Marché aux herbes, il y a seulement quatre ou cinq ans… ©capture d’écran du site irisnet à consulter de toute urgence pour l’objectivité et l’étendue de son répertoire architectural…

 

Aujourd’hui la dent creuse, objet de tant de polémiques, est enfin comblée, pour le meilleurs ou le pire? audace gratuite, caricature ou geste contemporain assumé?  A remarquer la banalité des baies, fenêtres et rez hors contexte… ©delirurbain

 

et le rez de chaussée du 66 semble un oiseau pour le chat…©delirurbain

 

Rue Marché aux herbes commence la rue Marché aux Peaux. Au n° 4 se tenait le mythique “Grenier aux chansons“ de Jane Tony ©delirurbain

 

Au bout de la rue, l’impasse de la Tête de bœuf: un face à face violent : les balcons du nouveau projet embrassent l’arrière du bâtiment du cinéma de l’Arenberg Galeries © delirurbain

 

quelques pas plus loin, un regard en arrière sur la rue Marché aux peaux…©delirurbain

en levant les lieux, le clou du projet, un “campanile“  ou tour de 7 ou 8 niveaux) s’est discrètement glissé en intérieur d’îlot avec terrasse vers l’hôtel de ville ©delirurbain 9/2018

 

 

L’impasse de la tête de bœuf se bat pour sa survie ©delirurbain 9/2018

 

la rue d’une personne vers la rue des Bouchers, les fenêtres obstruées laissent peu d’espoir sur le futur de ce lieu longtemps inaccessible , transformé en débarras pour les restaurants de la rue des bouchers .©delirurbain 9/2018

 

 

contrechamp: la métamorphose de la rue d’une Personne. Quelle perspective? Aseptisée la ville oublie vite son passé populaire. © delirurbain

 

le début de la rue d’une Personne ou l’on voit encore les stygmates de l’emballement macro économique avec main mise des nombreux restaurants sur l’intérieur d’ilot © delirurbain

 

impasse ©delirurbain 9/2018

 

Impasse Sainte Pétronille: à partir du Théâtre de Toone, vue vers la rue Marché aux herbes à gauche, le projet “îlot sacré“ ©delirurbain 9/2018

 

Impasse Sainte Pétronille: même point de vue, il y a peu, ce qu’il aurait été possible de conserver et d’améliorer. Les chancres sont parfois des morceaux de villes et de nature riches en promesses © capture d’écran irisnet

 

Impasse Sainte Pétronille: contrechamp: chancre verdoyant à gauche, perspective vers Toone, ©delirurbain

 

Impasse Sainte Pétronille : Porte arrière d’un magasin de la rue Marché aux herbes ©delirurbain

 

Impasse Sainte Pétronille: à gauche le projet “Ilot sacré“, à droite immeuble ancien ©delirurbain

et voici quelques liens

https://arau.org/au/9a3248c9cc101b66962efc0d1ea011a80e74e64c.pdf

http://www.archiurbain.be/?p=6423

http://www.grenierjanetony.be/

http://www.irismonument.be/index.php?lg=fr

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Modernité vs Patrimoine

A Tournai,  l’Escaut emporte le pont des trous
A Namur,  la rénovation “lourde“ de la Maison de la Culture

pdt

Tournai – Atelier de projets – capture d’écran

tournai pont des trous 1892

1892 pont des trous – capture d’écran

 

le Pont des Trous, emblème touristique et commercial ©delirurbain

une vision du Pont des Trous très interpellante

mai 1940 Le pont des trous (inutilement?) détruit par les alliés (anglais) pour ralentir l’avance allemande

Le pont des trous serait-i concerné par la charte de Venise du 25 mai 1964,  charte dont le rapporteur était le belge Raymond Lemaire  (https://set.kuleuven.be/rlicc)

https://www.icomos.org/charters/venice_f.pdf

 

MCN 04

quelques semaines avant le début de la démolition/rénovation©delirurbain

MCN 01

en cours de rénovation ©delirurbain

MCN

capture d’écran

MCN 2018

Le nouveau bastion de la ville de Namur, en symétrie avec la forteresse de Vauban contrôle l’entrée de la ville ©delirurbain

A Namur la démolition reconstruction de l’emblématique, et en son temps, controversée, Maison de la Culture (MCN) de Victor Bourgeois touche à sa fin. Pour les namurois l’émotion architecturale ne fait que commencer. Du haut de sa grandeur Philippe Samyn estimait que l’œuvre de Victor Bourgeois avait quelque chose d’inachevé. Il y a mis bon ordre tambour battant. Son cylindre blanc ponctue désormais le confluent, miroir anamorphosant de ses prétentions

Une certaine lecture du patrimoine

L’étude des dessins de Victor Bourgeois révèle un schéma directeur géométrique sur lequel Philippe Samyn superpose le calque du projet actuel. L’élément architectural principal de la proposition est sans équivoque le cylindre de proue qui vient se planter à l’avant, tout contre l’édifice courbe de Victor Bourgeois. Ce choix est apparu évident aux yeux de Philippe Samyn,  pour qui la situation actuelle avait « quelque chose d’inachevé ». Ce volume cylindrique est dimensionné et placé pour rééquilibrer les masses et participer à la création d’un parvis entre le bâtiment d’entrée et le pont tout proche. Pour le reste, la construction existante est préservée dans son entièreté à l’exception d’espaces annexes à la salle de spectacle et de locaux situés dans la partie Nord-Ouest du projet initial. Etant donné l’importance du programme, une large mezzanine vient compléter le niveau III. Le bâtiment courbe initial est surmonté d’un nouveau niveau (niveau VIII). La superficie disponible est ainsi augmentée de 30% pour accueillir les activités de l’institution dans près de 6000m2. Enfin, le jardin prévu initialement par René Pechère sera recréé sur les toitures de l’édifice. 8 avril 2016 | SYLVIE REVERSEZ  architecture.be

La ville aseptisée, corrigée: il serait intéressant que des philosophes, des historiens, des urbanistes, des citoyens peut-être  participent à la réflexion de la gestion patrimoniale: garder, adapter, défigurer…ou effacer.

©delirurbain

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Namur, la Culture, le Silo

Quelques mots sur la rénovation de la Maison de la Culture de Namur

 

J. Collin, G. Lambeau, J. Ledoux et V. Bourgeois revus et corrigés par notre immense  Samyn (and Partners  Architects and Engineers) sous le nom: “Cœur de Ville“ .

« Des tas de nouveautés verront le jour mais dans le respect de l’existant et de l’œuvre de Victor Bourgeois. Le projet préserve à peu de choses près la construction existante » dixit le site de présentation du projet

Voici donc quelques images, photos anciennes et vues  prospectives…explicites

20 mai 2016 ©delirurbain

 

capture d’écran 2017 document Samyn and Partners Architects and Engineers

Entre les deux, ce stade de déconstruction: mise à nu, l’ossature seule subsiste…

 

13 mai 2017 ©delirurbain

13 mai 2017 ©delirurbain – vue arrière du chantier et de l’ancienne salle de spectacle éventrée!

 

 

Que reste-t-il du projet de Victor Bourgeois: la richesse des finitions, les bois exotiques, les mosaïques du hall d’accueil, les colonnes gaînées d’aluminium? L’hôtel Groesbeeck-de Croix réduit à ses murs de briques, sans ses lambris, ses tapisseries serait-il plus convainquant ? L’adjonction d’une nouvelle salle de spectacle, donjon aveuglant et aveugle, n’eut-elle pas pu être mieux intégrée?

20 mai 2016 – photomontage ©delirurbain

Témoin hypocrite, la tortue de Jan Fabre observe et partage cette perverse modernité. Sémaphore rutilant son « Mesureur de nuage » , installé au sommet du nouveau donjon, aurait pu faire sens, et établir la communication avec la nouvelle mouture de la MCN , symétrie militaire de la citadelle: donjon, glacis, coursives…

 

Musée et/ou salle d’exposition 2017 – capture d’écran – document Samyn and Partners Architects and Engineers – propre et lumineux, mais fonctionnel?

Le projet de Victor Bourgeois fut critiqué, combattu même, et présentait certes, des défauts. Les immenses baies vitrées des salles d’expositions finirent occultées, offrant ainsi plus de murs et des possibilités scénographiques accrues.

Le nouveau projet ne semble pas avoir tiré les leçons de cette expérience, comme le montre cette capture d’écran: un Musée et deux niveaux d’exposition sur une surface totale parcimonieuse (500 à 800m2 ? ) et peu fonctionnelle: peu de murs, des baies immenses inondant le tout de lumière directe, tout cela aux deuxième, troisième et quatrième niveaux !

2017 capture d’écran – coupe – document Samyn and Partners Architects and Engineers

Il n’est pas question ici d’analyser l’ensemble du projet: trois salles de spectacles de jauches très différentes, dont une verra l’œuvre de Yves Zurstrassen remplacer le plafond habillé de bois d’origine, une autre cylindrique peut-être pour accueillir les arts du  cirque…et le cinéma, des cours et jardins suspendus « inspirés de celui d’origine de René Pechère »

Rien que d’authentique !

A sa création dans les années 60, le projet de Victor Bourgeois et associés symbolisait l’utopie d’un accès à la Culture pour tous. Ce nouvel ensemble, miroir de la société,  donne l’impression de s’adresser aux consommateurs de culture.

2017 capture d’écran – document Samyn and Partners Architects and Engineers

Ce projet laisse un goût amer.  Le confluent restera le symbole d’occasions architecturales ratées dues à un énième compromis entre « respect » du patrimoine, audace et égo des architectes.

Grognon 13 mai 2017 – fouilles ©delirurbain

©delirurbain

réf.:https://www.province.namur.be/maison_de_la_culture

http://www.architectura.be/fr/actualite/13687/a-namur-la-maison-de-la-culture-bientot-revue-et-corrigee

 

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Pont des trous ou Pont aux Ânes

à Bruxelles, la saga des tunnels, la mystification de la gestion architecturale des Musées fédéraux.

tournai-pont-2016

Tournai – 23 octobre 2016 ©delirurbain

à Tournai, l’étonnante aventure du Pont des Trous…et le résultat si peu surprenant de la si populaire consultation.

 

PdT Tournai

capture d’écran du 3 juillet 2018 Wikipédia – Tournai

Construit au XIII ème siècle le pont des Trous  visible actuellement est une restauration datant de 1948,   bien peu représentative de ce qu’il fut.

La restauration de 1948, suite aux bombardements de 1940 a déjà fortement modifié le profil de l’ouvrage: rehaussé de 2,40 mètres, arche centrale élargie, emploi du béton et simple parement de pierre: il peut encore  faire illusion. Une photographie datée 1892 nous en livre une toute autre vision…La largeur, la hauteur des arches sont presque égales, les ogives légèrement aplaties, le tout donne un pont trapu, robuste d’aspect.

tournai pont des trous 1892

datée 1892 – capture d’écran 2016 ©inconnu

2016 05

après les bombardements – ca. 1940 capture d’écran 2016 © inconnu

Mais l’époque évolue, les liaisons fluviales reviennent dans l’actualité, le gabarit des barges et bateaux augmente et nécessite des ajustements: tours et détours, le choix politique s’est porté sur le maintien du cours de l’Escaut entraînant la destruction/reconstruction (partielle?) du pont. Patrimoine ou modernité, la question est posée, peut-être mal formulée!

Voici l’avant-projet mis en délibéré, dans ses deux versions : l’une de pierre, l’autre de métal ajouré…

2016

2016 capture d’écran ©Tournai.be

Métal ou pierre, la consultation populaire ne pouvait qu’entériner le conformisme absolu: le pastiche du passé, en pierre, au détriment de toute vérité patrimoniale et architecturale.
Mais aux dernières nouvelles, une proposition pour le moins romantique s’est glissée au devant de la scène: une ruine dans le plus pur style d’Achille Etna Michallon. Que de peintres perdus dans les brouillards de l’Escaut, seront reconnaissants à l’auteur de cet audacieux projet de pouvoir poursuivre ce délicat travail de mémoire. J’oubliais de vous dire que l’esquisse  serait de l’architecte Olivier Bastin.

tournai-lavenir

Olivier Bastin – projet d’aménagement du Pont des trous –  capture d’écran – Lavenir.net

Des alternatives ont été suggérées, dont celle de Michel Wiseur. Elles auraient pu convaincre les pouvoirs publics s’ils ne s’étaient lancés dans une périlleuse et probablement démagogique consultation populaire, leur permettant de ne pas assumer le choix.

2016 04

2016 capture d’écran ©Michel Wiseur

La solution proposée par l’architecte Michel Wiseur, avait l’élégance de reconnaître la mutilation du pont,  écrite dans l’histoire, sans le mauvais goût d’un vocabulaire bâtard.

© delirurbain octobre 2016

17 décembre 2016 – addenda

dans le Soir du 3 décembre 2016, je découvre avec « émotion » la caricature finale du pont des trous. Est-ce un (pauvre) simulacre de nef gothique, le vocabulaire  maladroit d’un enfant (charabia) ou le testament d’un architecte épuisé…

D’autres arches seront-elles disséminées sur le fleuve, telles des perles égrenant les ouvrages d’arts rendus caducs par la modernité…

pont-12-2016

©Le Soir – 3/12/2016 capture d’écran

une pétition aux propositions intéressante est à lire,  et peut-être à soutenir, à chacun de juger:

 

3 juillet 2018

le pont à Ponts vient de céder sa place à son homonyme, qui ose une silhouette légère, primesautière même, enjambant l’Escaut d’un seul pas. Nul tournaisien ne le regrettera probablement, l’archéologie s’enrichit, l’ancienne structure découpée, morcelée rejoindra le panthéon des ponts tournaisiens, dont le Pont à trous évoque sans équivoque les guerres perdues de l’authenticité.

 

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