Archives de Catégorie: Musées

Namur, la Culture, le Silo

Quelques mots sur la rénovation de la Maison de la Culture de Namur

 

J. Collin, G. Lambeau, J. Ledoux et V. Bourgeois revus et corrigés par notre immense  Samyn (and Partners  Architects and Engineers) sous le nom: “Cœur de Ville“ .

« Des tas de nouveautés verront le jour mais dans le respect de l’existant et de l’œuvre de Victor Bourgeois. Le projet préserve à peu de choses près la construction existante » dixit le site de présentation du projet

Voici donc quelques images, photos anciennes et vues  prospectives…explicites

20 mai 2016 ©delirurbain

 

capture d’écran 2017 document Samyn and Partners Architects and Engineers

Entre les deux, ce stade de déconstruction: mise à nu, l’ossature seule subsiste…

 

13 mai 2017 ©delirurbain

13 mai 2017 ©delirurbain – vue arrière du chantier et de l’ancienne salle de spectacle éventrée!

 

 

Que reste-t-il du projet de Victor Bourgeois: la richesse des finitions, les bois exotiques, les mosaïques du hall d’accueil, les colonnes gaînées d’aluminium? L’hôtel Groesbeeck-de Croix réduit à ses murs de briques, sans ses lambris, ses tapisseries serait-il plus convainquant ? L’adjonction d’une nouvelle salle de spectacle, donjon aveuglant et aveugle, n’eut-elle pas pu être mieux intégrée?

20 mai 2016 – photomontage ©delirurbain

Témoin hypocrite, la tortue de Jan Fabre observe et partage cette perverse modernité. Sémaphore rutilant son « Mesureur de nuage » , installé au sommet du nouveau donjon, aurait pu faire sens, et établir la communication avec la nouvelle mouture de la MCN , symétrie militaire de la citadelle: donjon, glacis, coursives…

 

Musée et/ou salle d’exposition 2017 – capture d’écran – document Samyn and Partners Architects and Engineers – propre et lumineux, mais fonctionnel?

Le projet de Victor Bourgeois fut critiqué, combattu même, et présentait certes, des défauts. Les immenses baies vitrées des salles d’expositions finirent occultées, offrant ainsi plus de murs et des possibilités scénographiques accrues.

Le nouveau projet ne semble pas avoir tiré les leçons de cette expérience, comme le montre cette capture d’écran: un Musée et deux niveaux d’exposition sur une surface totale parcimonieuse (500 à 800m2 ? ) et peu fonctionnelle: peu de murs, des baies immenses inondant le tout de lumière directe, tout cela aux deuxième, troisième et quatrième niveaux !

2017 capture d’écran – coupe – document Samyn and Partners Architects and Engineers

Il n’est pas question ici d’analyser l’ensemble du projet: trois salles de spectacles de jauches très différentes, dont une verra l’œuvre de Yves Zurstrassen remplacer le plafond habillé de bois d’origine, une autre cylindrique peut-être pour accueillir les arts du  cirque…et le cinéma, des cours et jardins suspendus « inspirés de celui d’origine de René Pechère »

Rien que d’authentique !

A sa création dans les années 60, le projet de Victor Bourgeois et associés symbolisait l’utopie d’un accès à la Culture pour tous. Ce nouvel ensemble, miroir de la société,  donne l’impression de s’adresser aux consommateurs de culture.

2017 capture d’écran – document Samyn and Partners Architects and Engineers

Ce projet laisse un goût amer.  Le confluent restera le symbole d’occasions architecturales ratées dues à un énième compromis entre « respect » du patrimoine, audace et égo des architectes.

Grognon 13 mai 2017 – fouilles ©delirurbain

©delirurbain

réf.:https://www.province.namur.be/maison_de_la_culture

http://www.architectura.be/fr/actualite/13687/a-namur-la-maison-de-la-culture-bientot-revue-et-corrigee

 

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Bruxelles Querelles Plurielles

Querelle de parkings, querelle du  Musée d’art moderne et contemporain, querelle des nouveaux centres commerciaux, nouvelle querelle des Anciens et des Modernes?

Bruxelles éternel sujet de discorde!

Les questions d’urbanisme sont toujours plus brûlantes…

Chacun semble développer discrètement son idée de la cité, chacun joue ses pions avec le secret espoir d’un échec et mat pour le voisin, que ce soit pour les méga centres commerciaux NÉOS, DOCKS BRUXSEL, UPlace, pour l’implantation d’un possible futur Musée d’art contemporain (parc du Cinquantenaire, porte de Ninove ou bâtiment Citroën ou même les anciens éts Vandenborght)

De même la décision de rendre le cœur de Bruxelles aux piétons se voit aussitôt compensée par  l’émergence étonnante de nouveaux projets de parkings urbains.

Ce qui apparaît dans ces annonces chaotiques est le peu de débats publics ouverts, une sorte d’autisme affectant les différents pouvoirs.

0400

rassemblement/concert contre le projet de parking place du Jeu de balle © delirurbain 30/11/2014

Dans le cas du parking annoncé place du jeu de balle, ce sont les riverains et usagers qui ouvrent le débat, pour le Musée d’art moderne, l’association Musée sans musée fut le principal troublion, l’Arau et IEB pour les centres commerciaux. Le pouvoir politique semble manœuvrer en souterrain, comme peureux d’affronter le débat public. Peur ou mépris de la population?

Dernier avatar, le reniement de la  CRMS (Monuments et Sites) sur la sauvegarde des bâtiments de la rue du Marais et des Sables pour une extension du campus de la HUB, permettant in fine leur démolition (voir dossier ARAU) Le quartier, il est vrai, a entamé une mue brutale avec la disparition de la CGER, et la construction de nouveaux ensembles de logements, d’un académisme néo… confirmé, véritables forteresses grillagées, fermées sur elles-même, qui remplacent les blocs d’anciens bureaux aux accès contrôlés, par des logements encore plus sécurisés. Pourquoi ne pas prévoir de fermer les rues afin d’isoler le foyer Bruxellois voisin, qui visiblement commence à faire tache… Reste le Meiboom, quelque peu anachronique dans ce quartier de plus en plus lisse…

Up SITE   procède du même sentiment sécuritaire, monde fermé sur lui-même, sécurité absolue de l’entre-soi sont d’ailleurs un des arguments du marketing. Up-site n’est que le paradigme d’un certain égocentrisme …avec vue sur la ville, sans autre lien.

Si d’autres tours devaient être construites à Bruxelles, pourquoi ne pas les rassembler à cet endroit, établir des passerelles de l’une à l’autre, et confiner ainsi, en un geste urbanistique [fort?], leurs possibles désagréments, en un seul lieu…

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projet d’un ensemble de tours au canal ©delirurbain 2014

 

Une autre victime de cette absence criante de vision est le quartier européen, dont le manque de qualité architecturale et urbanistique mais aussi sociétale, est la principale caractéristique.

Parmis les exceptions, le bâtiment Europa, qui abritera le Conseil de l’Europe, émerge enfin…

« Un concours européen d’architecture et de projet a été lancé le 4 août 2004 et vingt-cinq équipes d’auteurs de projet ont été sélectionnées en janvier 2005. La seconde étape du concours a eu lieu entre juin et septembre 2005 entre les six finalistes.

L’équipe d’architectes et d’ingénieurs Philippe SAMYN & PARTNERS, mandataire et lead and design partner, avec STUDIO VALLE PROGETTAZIONI, architectes, et BURO HAPPOLD, ingénieurs, a été retenue le 2 septembre 2005. » (op cit. Conseil de l’Europe)

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EUROPA – Bruxelles – Lead and Design Partner: Dr ir. Philippe Samyn, architecte et ingénieur civil. ©delirurbain

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Europa – Bruxelles – Lead and Design Partner: Dr ir. Philippe Samyn, architecte et ingénieur civil. ©delirurbain 11/2014

"Europa" façade Loi - Philippe Samyn 11 2014

EUROPA – Bruxelles – Lead and Design Partner: Dr ir. Philippe Samyn, architecte et ingénieur civil. ©delirurbain 11/2014

Un correspondant facétieux a proposé de confronter la façade de ce bâtiment prometteur à la photo suivante

pandiscio com

Ph 100 11th Avenue by French architect Jean Nouvel, an apartment block in Chelsea, New York, with every glass panel of the curtain wall tilted at a different angle ©Andrea Klettner(capture d’écran)

mais les dates rendent le doute difficile: études juillet 2005 / constructions 2006/2010 pour ce dernier.

A signaler, une exposition sur ce thème à Paris: « Matière grise » Pavillon de l’Arsenal, (article du Monde)

Potato Head, Bali

club Potato Head – Bali – architecte Andra Matin (capture d’écran)

 

mais resurgit alors le souvenir de la cité emblématique de Lucien Kroll : la Mémé – 1970 – Woluwe-Saint-Lambert – Bruxelles

 

Mémé 2

La Mémé – UCL – architecte Lucien Kroll – capture d’écran – photo L. Kroll

 

A voir dans les prochains mois…

Le manque perpétuel de  concertation, en amont de petits et grands projets, qui impactent le quotidien et l’environnement de la population, habitants et usagers est à déplorer. Le public est encore trop souvent mis devant un fait accompli.

Pour clore ce sujet, clin d’œil, le tout nouveau bureau de poste, propre, net et audacieux, en rez de chaussée, remplace dès à présent l’immeuble de la chaussée de Boendael….

bpost

bpost – 1 rue Wéry – Ixelles © délirurbain 27/11/2014

 

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musée n’innover[a], de porte à porte…

L’année du bal des musées ne fait que débuter, la partition fera date, telle la parabole de la pêche miraculeuse…Les musées s’éclatent.

Soyons sérieux, revenons à l’actualité. XDGA,*  à l’initiative de la SLRB**  (suite à un concours? ) esquisse, porte de Ninove, dans un schéma d’ensemble plus vaste, un nouveau musée souterrain (d’art moderne et/ou contemporain?) avec vue sur le canal (voir les nombreux échos dans la presse, l’étude de l’ARAU***, etc…)

Je ne veux pas aborder ici le bien fondé de cette implantation, la question du contenu, du pouvoir de tutelle, du financement, du financement ultérieur du fonctionnement, du statut du personnel ou de toute autre question plus ésotérique, je veux signaler trois points qui sous certains angles me semblent particulièrement intéressants:

première surprise:  à Bruxelles, les Musées d’art moderne sont et restent underground: ce nouveau musée serait en grande partie souterrain,

deuxième point surprenant: la superficie

La superficie annoncée de ce nouveau musée serait de 5.000 m2: la surface d’exposition? avec ou sans les réserves? les services techniques? (op. cit.:  Le musée d’art moderne imaginé à la porte de Ninove – Vanessa Lhuillier – p 28 – Le Soir- 3 janvier 2014)

Ces 5.000 m2 sont à comparer avec la superficie du défunt musée d’art moderne de la place du Musée .

Celui-ci développait une superficie totale de 15.000m2 (réserves et locaux techniques compris) dont  approximativement 12.000m2 de surfaces d’exposition, sans compter les 2400 m2 de l’hôtel Altenloh dont 1320m2 dédiés aux seules expositions temporaires
(cf. brochure / p 54 :  » musée royaux des Beaux-Arts de Belgique –  Travaux d’aménagement et de construction: 1977-1984 – Éditeur : Ministère des Travaux Publics – régie des bâtiments – 9/1984 )

troisième point: ironie du sort, plaisanterie au goût douteux ou provocation inconsciente, ce nouveau musée jouxtant le canal, en sous sol, est aussi très proche de la dérivation de la Senne qui se déverse dans ce même canal, en cas de crue excessive. Le canal fait alors fonction de bassin d’orage (voir carte: op. cit. Le journal de la Senne – 4 mai 2004)

déversoir

porte de Ninove, le déversoir de crue de la Senne dans le canal

Le manque de  visibilité de l’eau à Bruxelles, est vécue comme un traumatisme par certains urbanistes. Il ne sera peut-être pas besoin de baguette magique pour la faire entrer au Musée. L’eau est décidément une amie de nos musées, plus assidue que la Régie des bâtiments.

Je ne peux que déplorer le détournement du bâtiment de Roger Bastin dont les qualités intrinsèques sont obstinément dénigrées par son directeur qui choisit de les occulter plutôt que de les mettre en exergue,  aux fins d’y installer un spécieux musée fin de siècle.

Comme pour la célèbre « bâche » de Michel Draguet, qui ne relève pas de l’urbanisme ou de l’architecture, le détournement de lieu ne tient pas du surréalisme mais de la pratique obsessionnelle.

La culture quelle qu’elle soit, mérite d’autres débats, les musées Royaux de Bruxelles en particulier.

*XDGA – architecte, Bruxelles – a  participé  à de nombreux concours dont celui de l’aménagement de la rue de la Loi/quartier européen
**SLRB – Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale
***ARAU – Atelier de Recherche et d’Action Urbaine

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Musées à venir

©delirurbain 2013 - mise en place du chantier du futur musée de l'Europe au centre dentaire Eastman

©delirurbain 2013 – mise en place du chantier du futur musée de l’Europe au centre dentaire Eastman

Michel Draguet n’en démord pas, notre futur musée d’art contemporain devrait s’implanter dans le parc du Cinquantenaire, tant il est vrai que les passions humaines de Jef Lambeau se languissent dans le pavillon de Victor Horta, oublié, perdu entre la grande mosquée, le musée de la guerre et celui d’art et histoire. Il appelle, il exige une structure d’accueil grandiose.

Dans la même logique de recyclage de sites dits obsolètes, la délivrance (bien que controversée ) du permis d’urbanisme (voir article ) pour un futur musée de l’identité européenne au sein du parc Léopold est un grand pas vers la modernité chère au “chœur“ de nos responsables politiques et muséaux.

Il n’est plus question ici de « cheminement muséal » concept audacieux précisément défendu par notre visionnaire directeur des musées des Beaux-Arts, etc… cheminement qui doit amener les pas du touriste (é)perdu de la Grand Place  au « modernlab, rue d’Arenberg, de là, gravir le  Coudenberg, ou il aura encore la force de visiter la Bibliothèque Royale, le MIM, le musée des Beaux Arts, BOZAR, Belvue et les réseaux souterrains (eux aussi en voie de reconversion muséale? ) Peut-être, reprenant son souffle pour s’envoler vers le Cinquantenaire et découvrir Autoworld, la guerre et pourquoi pas un peu de précolombie dans notre futur musée des civilisations non européenne avant de rejoindre l’Afrique à Tervuren, le tout agrémenté de pauses dans les différents art-shop qui nourrissent nos musées, judicieusement implantés auprès d’autant de « museumfood »

Je reprends mon souffle et le fil de ma narration.

je ne peux m’empêcher de publier, quasi in extenso, cet article de Francesca Spinelli publié en octobre 2011 sur le blog ou site myeurop.info qui apporte de  précieuses informations:

« Un autre projet, encore plus ambitieux, a été lancé en 2007 par Hans-Gert Pöttering, à l’époque président du Parlement, dans son allocution inaugurale à Strasbourg:

Dans les musées nationaux, l’histoire européenne est presque toujours présentée sous le seul angle national. Je souhaite que l’on crée un lieu de mémoire et d’avenir où l’idée européenne puisse prospérer. Je propose la création d’une Maison de l’histoire européenne ».

Le futur musée devrait ouvrir en 2014 dans les locaux de l’ancien institut dentaire Georges Eastman, situé dans un parc aux abords du Parlement. Mais en temps de crise, les voix s’élevant contre ce projet se multiplient.

image volée – capture d’écran de l’élégant projet de surélévation (accordée ) de l’institut dentaire GEORGES EASTMAN ©telebruxelles

Musée de l'Europe 29 septembre 2014 © delirurbain

Musée de l’Europe – 29 septembre 2014 © delirurbain

Un projet casse-coût

Si, au début, certains contestaient le sens même d’un tel musée (où commence l’histoire de l’Europe? Et peut-on dire qu’il y a une seule histoire de l’Europe?), c’est maintenant surtout son poids sur le budget du Parlement qui dérange: 31 millions pour les travaux de rénovation et d’extension du bâtiment; 21,5 pour l’aménagement des espaces d’exposition et des bureaux ; 11,5 pour le fonctionnement annuel du musée (le chiffre initialement prévu était de 13,45 millions).

Les promoteurs du projet soulignent que la Maison de l’Histoire Européenne coûtera moins que d’autres musées, mais cela – rétorquent les critiques – ne la rend pas pour autant nécessaire. Certains pensent d’ailleurs que le coût final sera beaucoup plus élevé.

Tour d’ivoire

La commission des Budgets du Parlement vient d’approuver le budget 2012, qui prévoit notamment le financement du futur musée. Le vote sera très probablement confirmé à Strasbourg le 26 octobre, ce qui devrait permettre aux travaux d’avancer sans obstacles, d’autant que la Commission européenne a récemment réitéré son soutien au projet.

Mais le Parlement aura gâché une bonne occasion: au lieu de partager cette idée avec les citoyens, d’essayer de les impliquer dans la réalisation d’un musée qui devrait raconter leur histoire (ou plutôt leurs histoires), il a préféré agir seul.

C’est en fait le Bureau, formé par le président du Parlement, les 14 vice-présidents et cinq questeurs, qui a géré le dossier dès le début, ce qui n’a pas manqué de contrarier le reste de l’assemblée. Dans un document du 10 mai 2011, le Parlement « regrette que les décisions relatives à la Maison de l’histoire européenne aient été uniquement adoptées par le bureau du Parlement ».

Conflit d’intérêts

….

Un projet qui mobilise surtout les eurosceptiques

Que l’on partage ou pas cette opinion, il faut reconnaître que la communication autour de ce projet censé exalter l’importance de l’UE a été pour le moins maladroite. La discrétion des responsables a laissé le champ libre aux eurosceptiques. En ligne, le futur musée est souvent soit critiqué par des journalistes ou des blogueurs, soit mentionné dans des articles rapportant les polémiques qu’il a suscitées.

Isabelle Durant, eurodéputée Ecologiste et vice-présidente du Parlement, est consciente du problème. Bruxelloise et européenne convaincue, elle défend avec vigueur la nécessité d’un lieu qui, au cœur de l’Europe, retrace le parcours historique liant ses citoyens. Mais elle reconnaît que le projet a été très mal « vendu »:

Même les députés qui soutiennent l’idée du musée se montrent réticents quand on commence à parler de financements. Ce musée doit pourtant être une vitrine, on ne peut pas faire un truc rikiki! Je suis au Parlement seulement depuis 2009, mais j’ai remarqué que dès qu’on sort du travail législatif, on a du mal à obtenir du soutien, surtout sur des sujets immatériels comme la culture. Par contre on finance sans moufeter des projets comme [le réacteur nucléaire] ITER, parce qu’il y a l’industrie derrière… »

Le problème, ajoute-t-elle, c’est que ceux qui disent soutenir le projet ne le font pas ouvertement:

Et à force de ne pas en parler, le projet n’obtient pas le rayonnement qu’il mérite. Tout cela empêche une stratégie qui serait beaucoup plus porteuse: mettre les gens en appétit, montrer ce qui se fait déjà. Cela enclencherait un cercle vertueux de soutien ».

Est-il vraisemblable que le musée ouvre ses portes dans trois ans à peine? « Absolument pas », assure-t-elle. « A mon avis il sera terminé en 2018. D’ailleurs, le Parlamentarium aussi a été inauguré avec deux ans de retard ».

Il faudrait plus de transparence, donc. Sur les dates, et surtout sur les chiffres. Marta Andreasen n’a pas hésité à « animer » l’inauguration du Parlamentarium en rappelant qu’il a coûté plus que prévu. Il y aura toujours des gens – eurodéputés et citoyens – peu tendres à l’égard de l’Union européenne. Pourquoi prêter le flanc aux critiques?  »

fin de citation !

© délirurabin

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itinéraires obscurs

2012 sera un grand cru de l’Art

De nombreux lieux privés d’Art ou lieux d’art privé  se sont ouverts ou fermés  à Bruxelles ces derniers mois, accessibles par hasard, par paiement ou peut-être à la tête du client. Il est évident que ces initiatives privées pérennes ou épisodiques ne sont pas destinées à suppléer un véritable “Musée“, pas plus que les foires telles ARTBRUSSELS au Heysel, SLICKS BRUSSELS à la Wild Gallery (anciennement Diamant Boart) , OFF ART FAIR BRUSSELS 2012 à l’ancienne Bourse de Bruxelles.
Paul Magnette, ministre et explorateur téméraire, annonce par ailleurs (La Libre du 10/02/2012) sa décision d’affecter une surface de 3.000 à 5.000 m² détectée récemment au sein du Mammouth (KMSKB-MRBAB) en pleine hibernation,  au redéploiement des collections d’art moderne, la durée exacte du réveil restant  à déterminer.
Et surprise du chef, le Musée d’Art Moderne, jamais en reste, [r]ouvre ses portes avec une exposition “prestigieuse“ de tirages récents de photos anciennes de Stanley Kubrick.
Arguant d’affirmations de MD a.i., Paul Magnette, je cite:

“Le directeur général des MRBAB a jugé préférable de concentrer les moyens de mécénat et de sponsoring sur l’exposition « Jordaens et l’Antiquité » (12.10.12-27.01.13) et de présenter ce printemps (21.03.2011-01.07.2012) une exposition de photos du réalisateur Stanley Kubrick. Il s’agit de photos qui précèdent la carrière au cinéma du réalisateur dans une scénographie mettant aussi en valeur des pièces issues des collections des MRBAB.“ cherchez bien, je n’ai rien trouvé de semblable.

L’intérêt essentiel de cette exposition, n’est nullement l’œuvre présentée, déjà vue à Paris et promise à d’autres lieux, d’autres capitales, comme tant d’autres machines, quel qu’en soit son véritable intérêt, mais la visite souterraine de ce qui fut le Musée d’Art moderne de Bruxelles.

Parcourant le dédale souterrain qui relie cette noble et défunte institution aux Musées Royaux d’Art (Ancien ), au soi-disant département d’art moderne appelé Magritte Museum, dédale que Le Directeur Actuel (M.D.) dans un moment de confidence spontanée, avouait vouloir étendre à tout le réseau underground du mont des Arts, mon cœur se serre: que reste-t-il de ce bâtiment sinistré, tant décrié par son directeur, que reste-t-il de ce musée “Titanic“ pour employer un terme anniversaire. Vais-je trouver ce bâtiment scindé en deux, envahi par les flots, ou des hordes [sauvages] d’anguilles? Une scénographie novatrice à la Schuiten, va-t-elle me projeter au milieu d’un Nautilus de carton pâte pour prémétro, dans une glauque lumière sous-marine?

tel un parcours initiatique… ©delirurbain 2012

…un long dédale obscur débouche…au niveau -3 ©delirurbain 2012

…sur un éblouissement spatial intemporel!!! ©delirurbain 2012

Je tâte les murs, non, il ne s’agit pas d’une visite virtuelle! Sur ma droite, je retrouve les diverses alcôves ou trônaient quelques pièces de la collection évacuée, niches servant aujourd’hui de dépôt rudimentaire, agréablement plongées dans l’ombre, par respect pour Stanley, la mascotte bouche trou  actuelle de “l’art  photographique moderne“, intégration que le directeur des lieux réclamait à corps et cri, projet abouti donc.

Ce qui frappe dès l’abord, est cette scénographie, certes sommaire, mais surtout obscure, qui consiste à plonger les lieux dans une délicate pénombre,  telle que je l’avais traversée au sein du Magrittemuseum et du MAS à Anvers. Une obscurité au sein de laquelle  seule votre ombre vient vous tenir compagnie, s’interposant même parfois entre vous et l’objet de votre curiosité…quel délicat suspens. La première surprise passée, je cherche des yeux la trace des  travaux herculéens qui ont provoqué la fermeture du lieu, inadapté, cela saute aux yeux, à toute tentative de réhabilitation. Le sol est d’époque, certains détails d’usure ne trompent pas, l’orientation des cloisons est toujours la même. Ce qui surprend vraiment est la pénombre.

Roger Bastin a construit son bâtiment autour d’un puit de lumière, induisant une lumière indirecte, modulable: Il n’en reste rien. C’était donc cela le grand challenge: occulter durablement le naufrage du lieu voulu par son directeur. Quelques marches plus bas, je suis au cœur de l’exposition et de la confirmation de la supercherie médiatique: rien n’a changé, le musée moderne est toujours bien là, les cloisons ont la même orientation, le plafond paraît d’origine, les prises électriques, les prises d’air ont peut-être subit une cure de jouvence mais si discrète…

L’intervention magistrale de notre grandiose scénographe consiste en l’occultation totale du lieu.

et… l’arrivée au niveau -4, vu de l’extrémité sud ©delirurbain 2012

Je cherche des traces d’inadéquation, de faiblesse des structures, des infiltrations majeures: rien ne se manifeste. L’immersion est étonnante: de nombreux  visiteurs se promènent dans cet antre tant décrié: il a suffit de quelques affiches et d’un peu de battage médiatique pour [re]donner vie à cette épave bien cachée : sous les pavés, la plage:  pourquoi pas le musée?

Ce vendredi 13 avril, contrairement au présupposé des superstitions, je suis ressorti indemne de cette visite, et pour le prouver, je vous livre volontiers quelques vues du chantier des niveaux -5 et – 6, qui témoignent de la fébrilité des acteurs de terrain

échelle et brouette au niveau -5 ©delirurbain 2012.

activité fébrile au niveau -6 ©delirurbain 2012
les stores blancs correspondent au niveau -4 déjà occulté
le niveau -6 présentant les stigmates du maçon:
échafaudages, échelles, blocs de béton cellulaire, etc…

Et pour clore la journée une vue de ces pavés tant décriés en 1968, à la fois arme menaçante et cachette surprise du musée à la plage

sous les pavés, le Musée
un splendide espace
dédié au collectionneur vorace
©delirurbain-2012

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Golgotha ou mont des arts

les jeux de mots fatiguent

petits plaisirs, grandes fautes

Paul Magnett colle au frigo, rigide comme un syndicaliste carolo, c’est son charme.

Il tient de la séduction et du frigo: bon conservateur éclairé si la porte s’ouvre.

Pieux, il écoute ses ouailles sans s’offusquer, mais se raidit à la première contradiction. Jouissance à bas prix.

musée sans musée – museum zonder museum©delirurbain

Un musée d’art moderne, dire: contemporain serait plus séduisant,

Urbanisme, humanisme? twitter est plus subtil…

Il ouvre des portes, crée des courants d’air, des appels….d’air, peut-être.

La Traviata, Séguéla ou comme Le Soir, fossoyeur éclairé,  vient de les découvrir, J. F. Khan , F O Giesbert et Laurent Joffrin? Pourquoi bas BHL et DSK…

L’élite se délite, la faute au peuple!

Il n’y a plus de lanternes, il n’y a plus d’aristocrates, restent les vessies.

les Gillion-Crowet,  messies de l’art nouveau, manient la pipe et le fourneau, écolos sans le savoir, ils menacent nos musées du martinet, mais celui-ci est interdit de nichoir au mont des arts. Comme ils le laissent entendre, il y a plus  d’avenir dans la moutarde chinoise.

Draguet s’y croix, Delacroix, David, Bastin,  en sont les premières victimes, mais le chemin est long qui, jusqu’au cinquantenaire, sinon au centenaire, mène à l’art moderne, aussi dit contemporain.

L’art moderne n’a pas vraiment la côte: l’ARAU aura-t-il le dernier mot?

Coudenberg, Ravenstein, Villa Hermosa: des impasses?

On nous a promis la vérité.

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prospective muséale bruxelloise an 1

Un vent favorable nous a permis de prendre connaissance un peu plus précisément de l’impact visuel du futur musée d’art moderne et/ou contemporain, façon Getty, dans l’enceinte classée du parc du Cinquantenaire. Ceci n’est encore qu’une première ébauche et pour répondre au cahier des charges sécuritaires, le bâtiment devrait encore gonfler, s’étendre probablement sur une longueur double, remplaçant avantageusement quelques marronniers au bord de l’asphyxie autoroutière, autoroute que le musée est destiné à remplacer

Un véritable poumon au cœur du parc. Ne manque que la bougie pour célébrer le premier anniversaire de ce projet audacieux

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