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Tournai, Horta, XDGA, Combat

Tournai souhaite rénover son musée des Beaux Arts

Bien mal adapté au réchauffement climatique et aux normes muséales actuelles celui-ci mérite grandement une réhabilitation

La ville, à partir de ce constat, souhaite agrandir ce bâtiment et en faire un pôle muséal majeur, sinon phare pour la région.

Le lauréat du concours est XDGA, bureau bien connu du gotha architectural belge et même étranger, souvent grand favori des concours.

Pour cette revitalisation (destruction?) de l’œuvre de V. Horta, le squelette du Musée sera percé de pas moins 11 portes/ouvertures* à travers lambris et murs permettant un parcours fluide et complexe entre les différents points de rencontre et d’exposition (voir capture d’écran, la circulation proposée?).

bleu: cheminement possible au sein du nouveau complexe –  en rouge: les baies nouvelles  (coloriage delirurbain)     original ©XDGA-capture d’écran

 

2019 façade actuelle du Musée, avec simulation d’une tour selon XDGA ©delirurbain

 

XDGA -capture d’écran

La magnifique vue frontale révélée par le site de l’architecte ne tient absolument pas compte de la déclivité naturelle du terrain et de la distance. Il donne donc un point de vue irréaliste: volonté manifeste de tronquer les perspectives ou errement technique naïf sur l’importance du point de vue ?

Le point de vue choisi aplatit les proéminences du bâtiment et donne une vue plus dégagée sur la (mini) tour, qui bien que dressée sur ses ergots n’atteint pas la force du Beffroi! Le musée veut se donner de l’ampleur, mais n’est que boursouflé. L’architecture ne se juge pas que du sol, et les architectes ne se privent pas de montrer des perpsectives aériennes pour vendre leurs projets. La comparaison n’est pas toujours en leur faveur:

vue aérienne du Musée des Beaux-Arts de Tournai – ©carte postale du Musée

La forme originale de “ tortue » ou“scarabée“ qui est l’âme et la spécificité de l’œuvre est engloutie par XDGA dans une structure informe (carrée) “transparente“ comme aiment à le rappeler les architectes contemporains.

Ce qui surprend dans ce projet est l’envahissement total de la parcelle, cours et espaces verts compris. Comme dit au début de l’article, le bâtiment dégagé et qui aurait pu voir renforcer la lecture de sa forme particulière par un aménagement extérieur original est au contraire effacé, englobé dans un ensemble rigide aux contours mal définis de mitoyens irréguliers. Les voisins exultent!

Tours et détours et autres murs ou plafonds de l’extension deviennent transparents/invisibles par la magie des mots…

Le bâtiment original des Beaux-Arts de Victor Horta change discrètement de fonction: horéca, art shop, services.

La nouvelle construction, dont l’image ci dessous donne une idée de la grande originalité intérieure et de la scénographie audacieuse envisagée, absorbe la partie noble des fonctions. Le musée se dote d’une tour de verre, lointain écho des fortifications disparues que Tournai s’emploie encore à effacer tel le Pont des trous qui risque bientôt d’être tout aussi transparent.

Rejoignant en cela la critique de l’ancien conservateur*, et sans aucune sympathie pour ses positions sur l’art contemporain, il faut reconnaître le massacre du bâtiment. La mise en place d’un système de climatisation ne paraissait pas plus destructrice que l’intervention de XDGA.

tel un showroom, s’étale la mortelle vision d’un musée soi-disant contemporain

La description du projet est un régal sémantique dont ces citations donnent un aperçu:  percoler: mettre en lumière, nappe: couvrir de bout en bout un espace naturel “

  • NAPPE
  • A l’intérieur de l’îlot, l’ensemble des parcelles non-construites sont envahies par une nappe de salles orthogonales en contraste avec la structure radiale du musée existant, mais topographiquement identiques. Elles offrent un paysage hybride d’exposition, d’une part, divisé par des cloisons qui forment des salles de tailles variées, d’autre part unis par des angles ouverts de circulation offrant des perspectives diagonales et traversantes. Ce paysage crée aussi une grande liberté dans l’organisation des sept thèmes de l’exposition permanente. De multiples circuits y sont possibles. Ceux-ci intègrent les salles existantes où sont exposées les sculptures et autres œuvres de la collection pouvant profiter de la lumière naturelle abondante. Une toiture horizontale laisse percoler une lumière naturelle modérée et contrôlable dans la nouvelle extension.“*

et plus loin: “La billetterie du musée, le bookshop et la cafétéria y sont organisés à l’aide de pavillons isolés. Se trouvent également présents dans cet espace, les espaces pédagogique, l’espace social pour les employés ainsi que les bureaux au premier étage. L’ensemble de ces fonctions participent à l’animation et à la vie publique de l’institution tout en permettant de conserver un certain degré de contrôle social.“ et ceci à mettre en parallèle avec Foucault :“imposer une conduite quelconque à une multiplicité humaine quelconque“ Michel Foucault, Surveiller et punir- p. 207

 

 

Le cimetière des fausses belles idées n’est pas prêt de fermer, le panthéon des architectes de disparaître.

Horta souffrira encore. Le remède est souvent pire que la maladie.

© delirurbain

*selon un décompte personnel et sans connaissance des plans définitifs

*la perspective est probablement inexacte, un fort dénivellement étant ignoré dans le rendu

*https://www.latribunedelart.com/tournai-le-musee-reve-devenu-cauchemar

*https://tournai.blogs.sudinfo.be/archive/2016/09/06/renovation-et-extension-du-musee-des-beaux-arts-de-tournai-200331.html

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Classé dans Humeur, Musées, Urbanisme

Bouwmeester, la question

Notre bouwmeester  régional doit se sentir bien seul à la veille de fin de mandat: la Flandre libérale, pionnière, se passe désormais de cette fonction et la Wallonie audacieuse et volontaire n’en a toujours pas.

Le fier Wallon ne supporte sans doute pas d’être mis au pas…par un de ses pairs

Quels lendemains pour Bruxelles?

Dans l’article de la Libre de ce samedi 13 septembre, l’amertume pointe dans les propos d’Olivier Bastin

Guy Duplat extrait de La Libre 13 09 2014

Guy Duplat extrait de La Libre 13 09 2014

Il y a de quoi: deux projets emblématiques échappent a tout contrôle, projets évoqués ici même: le rond point Schuman et le bâtiment Citroën, nouvellement promu « ambassadeur » de la culture contemporaine à Bruxelles, nonobstant tout autre projet et malgré l’inadéquation originelle du lieu, sauf à y entreprendre de coûteux travaux d’assainissement et d’aménagement. La question du « projet culturel » est entièrement ouverte: contenu, direction, publics, collections…

L’emplacement est certes prestigieux, mais est-il pour autant judicieux? La décision semble plus politique que liée au développement d’une réflexion urbanistique et muséale acérée.

Pour alimenter et documenter le débat autour du bouwmeester et de son influence, voir aussi l’exposition « bMa » consacrée à celui-ci 29, rue Ravenstein 1000 Bruxelles (anciennement FORTIS)

vue générale de l'exposition mBa © delirurbain 2014

vue générale de l’exposition bMa © delirurbain 2014

vue d'ensemble exposition bMa © delirurbain 2014

vue d’ensemble exposition bMa © delirurbain 2014

accueil de la salle des coffres , Jules Wabbes 1971© delirurbain 2014

accueil de la salle des coffres , Jules Wabbes 1971© delirurbain 2014

Une fois sur place, vous pouvez aussi (re)découvrir in situ le travail de Jules Wabbes qui aménagea  le hall et la salle des coffres dans les années 1971, 1972, salle des coffres qui devrait être conservée mais, dès les travaux commencés, ne sera plus visible. Seuls les heureux détenteurs d’un coffre y auront encore accès…à la réouverture

projet rue Ravenstein - capture d'écran

projet rue Ravenstein – capture d’écran

Et pour en finir avec cette visite, un aperçu du bâtiment (bureau Baumschlager Eberle) appelé à remplacer  l’actuel siège de BNP Paribas ( architecte Van Kuyck 1971±) autour de la fameuse salle des coffres….

l'immeuble actuel de l'architecte Van Kuyck © delirurbain 2014

l’immeuble actuel de l’architecte Van Kuyck © delirurbain 2014

 

PS: l’article complet de la Libre sur le « Bouwmeester » (sic)  démissionnaire

délirurbain – 14 09 2014

la libre 13 09 2014

Olivier Bastin par Guy Duplat – La Libre – 13 09 2014 ©

sur le même sujet, l’article du Soir

…depuis, d’autres articles sont parus dont je vous laisse trouver les références

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Schuman, carrefour honteux de l’Europe?

Le RER voit son coût  doubler ou presque, sa mise en service demeure aléatoire.

Le viaduc Reyers sera probablement abattu, une bonne nouvelle.

Un point noir le restera: le rond-point Schuman n’est plus promis à la gloire.

Manque d’ambition Régionale ou Européenne?

Triste gestion à la petite semaine…?

Xavier de Geiter évacué….

un remplaçant inopiné monte au créneau…

l’espace en question restera-t’il dédié au vide?

Les enjeux urbanistiques en cette rentrée sont multiples et bien maltraités.

Le service est minimum

le cœur du rond point Schuman ©delirurbain

le cœur du rond point Schuman ©delirurbain 2009

pour plus de précisions ?

lire l’article du Soir

lire l’article de la Libre

consulter le site de l’auteur de projet:

XDG projet place Schuman

consulter le site du probable nouveau lauréat, ARCADIS, bureau d’architecte et amateur d’art….

ARCADIS capture d'écran

capture écran du site Arcadis – 11 09 2014

delirurbain 11/12 09 2014

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Page blanche à nos architectes

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Xaveer
De Geeter Architects

(XDGA)

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LOI XDGA

2013 concours rue de la loi – projet XDGA – simulation de journée pluvieuse standard d’après capture d’écran
tours et détours

 

 

le quartier européen s’ouvre sur la ville

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musée n’innover[a], de porte à porte…

L’année du bal des musées ne fait que débuter, la partition fera date, telle la parabole de la pêche miraculeuse…Les musées s’éclatent.

Soyons sérieux, revenons à l’actualité. XDGA,*  à l’initiative de la SLRB**  (suite à un concours? ) esquisse, porte de Ninove, dans un schéma d’ensemble plus vaste, un nouveau musée souterrain (d’art moderne et/ou contemporain?) avec vue sur le canal (voir les nombreux échos dans la presse, l’étude de l’ARAU***, etc…)

Je ne veux pas aborder ici le bien fondé de cette implantation, la question du contenu, du pouvoir de tutelle, du financement, du financement ultérieur du fonctionnement, du statut du personnel ou de toute autre question plus ésotérique, je veux signaler trois points qui sous certains angles me semblent particulièrement intéressants:

première surprise:  à Bruxelles, les Musées d’art moderne sont et restent underground: ce nouveau musée serait en grande partie souterrain,

deuxième point surprenant: la superficie

La superficie annoncée de ce nouveau musée serait de 5.000 m2: la surface d’exposition? avec ou sans les réserves? les services techniques? (op. cit.:  Le musée d’art moderne imaginé à la porte de Ninove – Vanessa Lhuillier – p 28 – Le Soir- 3 janvier 2014)

Ces 5.000 m2 sont à comparer avec la superficie du défunt musée d’art moderne de la place du Musée .

Celui-ci développait une superficie totale de 15.000m2 (réserves et locaux techniques compris) dont  approximativement 12.000m2 de surfaces d’exposition, sans compter les 2400 m2 de l’hôtel Altenloh dont 1320m2 dédiés aux seules expositions temporaires
(cf. brochure / p 54 :  » musée royaux des Beaux-Arts de Belgique –  Travaux d’aménagement et de construction: 1977-1984 – Éditeur : Ministère des Travaux Publics – régie des bâtiments – 9/1984 )

troisième point: ironie du sort, plaisanterie au goût douteux ou provocation inconsciente, ce nouveau musée jouxtant le canal, en sous sol, est aussi très proche de la dérivation de la Senne qui se déverse dans ce même canal, en cas de crue excessive. Le canal fait alors fonction de bassin d’orage (voir carte: op. cit. Le journal de la Senne – 4 mai 2004)

déversoir

porte de Ninove, le déversoir de crue de la Senne dans le canal

Le manque de  visibilité de l’eau à Bruxelles, est vécue comme un traumatisme par certains urbanistes. Il ne sera peut-être pas besoin de baguette magique pour la faire entrer au Musée. L’eau est décidément une amie de nos musées, plus assidue que la Régie des bâtiments.

Je ne peux que déplorer le détournement du bâtiment de Roger Bastin dont les qualités intrinsèques sont obstinément dénigrées par son directeur qui choisit de les occulter plutôt que de les mettre en exergue,  aux fins d’y installer un spécieux musée fin de siècle.

Comme pour la célèbre « bâche » de Michel Draguet, qui ne relève pas de l’urbanisme ou de l’architecture, le détournement de lieu ne tient pas du surréalisme mais de la pratique obsessionnelle.

La culture quelle qu’elle soit, mérite d’autres débats, les musées Royaux de Bruxelles en particulier.

*XDGA – architecte, Bruxelles – a  participé  à de nombreux concours dont celui de l’aménagement de la rue de la Loi/quartier européen
**SLRB – Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale
***ARAU – Atelier de Recherche et d’Action Urbaine

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