Archives de Catégorie: Urbanisme

au jour le jour

Henry van de Velde 27-29, Van de Velde et Jasinski 60,  Adrien Blomme 52, 72 , Michel Polak n°67, Victor Bourgeois  74, et maintenant … Jean-Michel Jaspers.

Ce cénacle, c’est la somptueuse avenue Franklin Roosevelt qui le propose…Mais quel est le nouveau joyau proposé par cet architecte qui ferraille sans répit en région bruxelloise?

Ici pas de tour dans son sac, le Qatar se contente d’une bâtisse blanche presque post moderne, aux byzantines coupoles, qui se pose comme signal en bordure d’un carrefour, nostalgie, mimétisme d’un orient ensoleillé, aveuglant. Comme à l’avenue du port quelques arbres seront les bienvenus qui atténueront cette vision céleste. Ne perdons pas la foi, l »architecture n’est pas un dogme.

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la nouvelle ambassade du Qatar – 25 mai 2014 ©delirurbain

Un autre écrin, un autre joyau, un faux probablement, mais tout out aussi surprenant, si pas innovant, l’implantation d’un pavillon publicitaire faussement architecturé, de bois vêtu, manteau mal coupé, qui cache mal sa rusticité…sur la toute nouvelle place de la Monnaie, à peine cicatrisée et mal remise encore de sa cure de jouvence. Une tentation irrésistible de monnayer l’espace public?

Monnaie vs monnaie exemple d'architecture sauvage dans la capitale européenne ©délirurbain 2014

Monnaie vs monnaie – exemple d’architecture sauvage dans la capitale européenne
©délirurbain 2014

 

vue arrière du pavillon restaurant - ©délirurbain

vue arrière du pavillon restaurant – ©délirurbain

 

vue perspective à partir de la rue de la Reine ©délirurbain

vue perspective à partir de la rue de la Reine ©délirurbain

 

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provisoire mais bien défendu et accueillant ©délirurbain 2014

 

popup, climatiseurs, coffre, poubelles ©délirurbain 2014

pop-up, climatiseurs,coffre,  poubelle ©délirurbain

 

et voici comment ce concept était présenté à la presse..ou comment manipuler l’image

pop up ou comment vendre un concept

capture d’écran « ELLE Belgique“

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Page blanche à nos architectes

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Xaveer
De Geeter Architects

(XDGA)

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LOI XDGA

2013 concours rue de la loi – projet XDGA – simulation de journée pluvieuse standard d’après capture d’écran
tours et détours

 

 

le quartier européen s’ouvre sur la ville

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musée n’innover[a], de porte à porte…

L’année du bal des musées ne fait que débuter, la partition fera date, telle la parabole de la pêche miraculeuse…Les musées s’éclatent.

Soyons sérieux, revenons à l’actualité. XDGA,*  à l’initiative de la SLRB**  (suite à un concours? ) esquisse, porte de Ninove, dans un schéma d’ensemble plus vaste, un nouveau musée souterrain (d’art moderne et/ou contemporain?) avec vue sur le canal (voir les nombreux échos dans la presse, l’étude de l’ARAU***, etc…)

Je ne veux pas aborder ici le bien fondé de cette implantation, la question du contenu, du pouvoir de tutelle, du financement, du financement ultérieur du fonctionnement, du statut du personnel ou de toute autre question plus ésotérique, je veux signaler trois points qui sous certains angles me semblent particulièrement intéressants:

première surprise:  à Bruxelles, les Musées d’art moderne sont et restent underground: ce nouveau musée serait en grande partie souterrain,

deuxième point surprenant: la superficie

La superficie annoncée de ce nouveau musée serait de 5.000 m2: la surface d’exposition? avec ou sans les réserves? les services techniques? (op. cit.:  Le musée d’art moderne imaginé à la porte de Ninove – Vanessa Lhuillier – p 28 – Le Soir- 3 janvier 2014)

Ces 5.000 m2 sont à comparer avec la superficie du défunt musée d’art moderne de la place du Musée .

Celui-ci développait une superficie totale de 15.000m2 (réserves et locaux techniques compris) dont  approximativement 12.000m2 de surfaces d’exposition, sans compter les 2400 m2 de l’hôtel Altenloh dont 1320m2 dédiés aux seules expositions temporaires
(cf. brochure / p 54 :  » musée royaux des Beaux-Arts de Belgique –  Travaux d’aménagement et de construction: 1977-1984 – Éditeur : Ministère des Travaux Publics – régie des bâtiments – 9/1984 )

troisième point: ironie du sort, plaisanterie au goût douteux ou provocation inconsciente, ce nouveau musée jouxtant le canal, en sous sol, est aussi très proche de la dérivation de la Senne qui se déverse dans ce même canal, en cas de crue excessive. Le canal fait alors fonction de bassin d’orage (voir carte: op. cit. Le journal de la Senne – 4 mai 2004)

déversoir

porte de Ninove, le déversoir de crue de la Senne dans le canal

Le manque de  visibilité de l’eau à Bruxelles, est vécue comme un traumatisme par certains urbanistes. Il ne sera peut-être pas besoin de baguette magique pour la faire entrer au Musée. L’eau est décidément une amie de nos musées, plus assidue que la Régie des bâtiments.

Je ne peux que déplorer le détournement du bâtiment de Roger Bastin dont les qualités intrinsèques sont obstinément dénigrées par son directeur qui choisit de les occulter plutôt que de les mettre en exergue,  aux fins d’y installer un spécieux musée fin de siècle.

Comme pour la célèbre « bâche » de Michel Draguet, qui ne relève pas de l’urbanisme ou de l’architecture, le détournement de lieu ne tient pas du surréalisme mais de la pratique obsessionnelle.

La culture quelle qu’elle soit, mérite d’autres débats, les musées Royaux de Bruxelles en particulier.

*XDGA – architecte, Bruxelles – a  participé  à de nombreux concours dont celui de l’aménagement de la rue de la Loi/quartier européen
**SLRB – Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale
***ARAU – Atelier de Recherche et d’Action Urbaine

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ROYAL LUNA PARK

Bruxelles, ville en devenir (touristique) mise beaucoup sur ses sites classés et autres attractions “ciblées“ pour séduire les touristes, la plupart peu attentifs aux contradictions urbanistiques.
Musée d’art moderne, d’art moderne  et contemporain, ou seulement contemporain, stade sportif,  quartier européen, zone du canal et autres lieux à redéfinir et faire [re]vivre,  font partie de la nouvelle donne urbanistique, sociétale. Les polémiques sont nombreuses, les enjeux souvent occultés.
Le temps est à plus de transparence, le public à droit à la publicité des débats, de leurs enjeux culturels et économiques. Les partenaires doivent être clairement identifiés, les lobbies visibles, les divergences de vues explicitées.
Léopold II, même visionnaire, est mort, le fait du prince  obsolète.
2014 s’annonce riche en projets, osons débattre.
Nous profitons de ces images pour vous présenter les vœux de l’équipe et vous laisser rêver au Bruxelles promis…

Bruxelles, luna park sans foi ni loi?

ROYAL LUNA PARK

place des Palais – Bruxelles, 26 décembre 2013
Palais des Académies, Palais Royal, Brussels Skyliner, Brussels Ice Magic
©delirurbain
ROYAL LUNA PARK II

place des Palais – Bruxelles, 26 décembre 2013
Palais des Académies, Palais Royal, Brussels Skyliner, Brussels Ice Magic, tête sculptée…
©delirurbain

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Marais

Jaspers-Eyers, A2RC, et plus surprenant, Christian Kieckens, sévissent rue du Marais: projets Chambon (Alfred ou Alban), MeyBoom…autant de joyeuses pioches qui revisitent Bruxelles. La CGER (DEXIA) s’était répandue sur le quartier, rasant tout sur son passage. La réhabilitation actuelle évoque une nouvelle prise en main tout aussi étouffante. Ces interventions sont vouées au logement, moyen ou plus?
Le parti pris semble évident: un peu de verdure (sur dalle?) en intérieur d’îlot et des bâtiments obstinément tournés vers ce nombril. Mais cela ne devrait pas déparer ce quartier déjà soumis à un urbanisme de grande rigueur.
Le gris domine, qui fait rêver au soleil. Les grilles sont solides qui protègent de trop de proximité. Les perspectives tiennent du labyrinthe, chaque ouverture butant sur un nouveau rempart.

Ces audacieuses réalisations deviendront peut-être  patrimoine à l’instar de la place des Martyrs dont le martyre  semble proche de la fin. Façadisme  sur tout le périmètre, subsiste un décor d’opéra avec ses  atours ajustés au goût du  siècle nouveau: pavés réguliers, arbres et mobilier réalignés. Le lifting est total pour ce rare témoin du XVIIIe siècle.

Mais l’axe prioritaire actuel, celui des grands débats et projets est le canal. Pour certains tels Atanor les pions sont déjà placés. A ses côtés « Ateliers Lion Architectes Urbanistes »( France) et « A2RC « ( BELVIEW, CHAMBON…) ont unis leurs forces pour cet autre projet emblématique du nouveau Bruxelles: le tour de force « Up-site » sur le canal, main mise sur la ville ou œuvre intelligente, à vous de trancher. Grise comme le MeyBoom sans soleil, mais  la vue offerte à ses habitants est toute autre…!

Cette tour (et son promoteur) promet des performances énergétiques incomparables… ( 40% d’économie énergie par rapport à une tour classique…ou à une maison passive?) mais elle refroidit son circuit de  climatisation en pompant l’eau… du canal (entendu dans un interview télé d’un ingénieur du projet) Chaque nouveau projet  pourrait-il faire de même ou est-ce un aveu de faiblesse du concepteur? Quel est le prix à payer? Qui parle de pollution?

à suivre

Delirurbain

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Sagittaire

s’agiter, signe de temps divers

Le Musée d’art souterrain dédié à un musée fin de siècle émerge-t-il enfin?
Comme aiment le dire nombre d’architectes en parlant de leurs interventions en milieu urbain  « requalifions, requalifions…. ». S’agissant ici de l’œuvre de Roger Bastin, le terme semble saugrenu.
La fin d’année est l’occasion de multiples bilans.
Les cieux d’hivers suggèrent une lecture plus critique du patrimoine: lumière différente, ciels gris, froid incisif, feuillage disparu, le regard est disponible, l’objet nu.
C’est le moment rêvé pour faire un peu d’analyse d’image, bien au chaud. L’actualité muséale est discrète, de report en fermeture, c’est l’occasion de vérifier la pertinence du propos, comme la bien discrète intervention de Winston Spriet (architecte ou muséographe)  sous la pièce d’eau, aux niveaux -7 et -8, le bleu n’étant pas de lui)

évolution d’un projet architectural

    Ne médisons pas. Le directeur du Musée des Beaux arts de Bruxelles a fait un effort considérable cet automne au risque de déstabiliser ses collaborateurs/conservateurs: il a complètement rénové et aménagé un entre-deux: ce qui n’était qu’un couloir poussiéreux séparant « Rubens » du « Moderne » * est devenu un temple à la mesure de la démesure  de l’artiste Jan Fabre:  JAN FABRE. CHAPTERS I-XVIII. WAXES & BRONZES

    Ne pouvant photographier cette intervention, quoi de plus probant que l’interdiction comme illustration

JAN FABRE. CHAPTERS I-XVIII. WAXES & BRONZES
©delirurbain

*1er étage du patio où est reléguée une partie de l’accrochage « choix des conservateurs »

     Un des grands moments architecturaux de cette décennie débutante (et toussotante) est aussi la forte présence de Calatrava dit aussi Patatras en écho à la Grèce dont il n’est pas. L’Acropole leur suffit. Les montois espèrent ne pas devoir un jour céder leur nouveau bonheur pour apurer leur dette souveraine.

    Mais là encore une lecture des images s’avère intéressante

mons - gare

gare ferroviaire de Mons – vue plus ou moins actuelle du site

    Ce chancre requalifié devient idyllique, le ciel bleu maîtrisé à la perfection par le designer, les nuages varient au gré des perspectives, nimbant d’une aura céleste ce lieu mythique, la blancheur des matériaux, vierge de tout graphe, irradie Mons et ses dragons.Mons
Les Guillemins n’ont qu’à bien se tenir, eux qui déjà prennent de l’embonpoint et subissent l’empreinte du temps

LIEGE GUILLEMIN

    Les photos sont trompeuses, un peu de soleil, un peu de ciel bleu, quelques retouches vendent un projet plus que les chiffres et la réalité des courants d’air. Les exemples sont légion, et ne prouvent rien.
Un détail peut tuer, mais reste probablement un détail.
Une vue aérienne sera toujours une fiction pour l’usager et probablement un leurre pour le commanditaire.

Mons je m’égare, Liège a son MAMAC, à Bruxelles toujours pas de musée d’art moderne, même pas en vue aérienne. Malgré moi le rêve m’emporte. Libeskind en congrès à Mons, Jean Nouvel en gare du Midi ? Arne Quinze à la Cité? Portzamparc à l’Europe? les noms ronflent, certains projets, avec bonheur sont avortés.
2013 sera une année porte bonheur, j’en tremble.

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Musées à venir

©delirurbain 2013 - mise en place du chantier du futur musée de l'Europe au centre dentaire Eastman

©delirurbain 2013 – mise en place du chantier du futur musée de l’Europe au centre dentaire Eastman

Michel Draguet n’en démord pas, notre futur musée d’art contemporain devrait s’implanter dans le parc du Cinquantenaire, tant il est vrai que les passions humaines de Jef Lambeau se languissent dans le pavillon de Victor Horta, oublié, perdu entre la grande mosquée, le musée de la guerre et celui d’art et histoire. Il appelle, il exige une structure d’accueil grandiose.

Dans la même logique de recyclage de sites dits obsolètes, la délivrance (bien que controversée ) du permis d’urbanisme (voir article ) pour un futur musée de l’identité européenne au sein du parc Léopold est un grand pas vers la modernité chère au “chœur“ de nos responsables politiques et muséaux.

Il n’est plus question ici de « cheminement muséal » concept audacieux précisément défendu par notre visionnaire directeur des musées des Beaux-Arts, etc… cheminement qui doit amener les pas du touriste (é)perdu de la Grand Place  au « modernlab, rue d’Arenberg, de là, gravir le  Coudenberg, ou il aura encore la force de visiter la Bibliothèque Royale, le MIM, le musée des Beaux Arts, BOZAR, Belvue et les réseaux souterrains (eux aussi en voie de reconversion muséale? ) Peut-être, reprenant son souffle pour s’envoler vers le Cinquantenaire et découvrir Autoworld, la guerre et pourquoi pas un peu de précolombie dans notre futur musée des civilisations non européenne avant de rejoindre l’Afrique à Tervuren, le tout agrémenté de pauses dans les différents art-shop qui nourrissent nos musées, judicieusement implantés auprès d’autant de « museumfood »

Je reprends mon souffle et le fil de ma narration.

je ne peux m’empêcher de publier, quasi in extenso, cet article de Francesca Spinelli publié en octobre 2011 sur le blog ou site myeurop.info qui apporte de  précieuses informations:

« Un autre projet, encore plus ambitieux, a été lancé en 2007 par Hans-Gert Pöttering, à l’époque président du Parlement, dans son allocution inaugurale à Strasbourg:

Dans les musées nationaux, l’histoire européenne est presque toujours présentée sous le seul angle national. Je souhaite que l’on crée un lieu de mémoire et d’avenir où l’idée européenne puisse prospérer. Je propose la création d’une Maison de l’histoire européenne ».

Le futur musée devrait ouvrir en 2014 dans les locaux de l’ancien institut dentaire Georges Eastman, situé dans un parc aux abords du Parlement. Mais en temps de crise, les voix s’élevant contre ce projet se multiplient.

image volée – capture d’écran de l’élégant projet de surélévation (accordée ) de l’institut dentaire GEORGES EASTMAN ©telebruxelles

Musée de l'Europe 29 septembre 2014 © delirurbain

Musée de l’Europe – 29 septembre 2014 © delirurbain

Un projet casse-coût

Si, au début, certains contestaient le sens même d’un tel musée (où commence l’histoire de l’Europe? Et peut-on dire qu’il y a une seule histoire de l’Europe?), c’est maintenant surtout son poids sur le budget du Parlement qui dérange: 31 millions pour les travaux de rénovation et d’extension du bâtiment; 21,5 pour l’aménagement des espaces d’exposition et des bureaux ; 11,5 pour le fonctionnement annuel du musée (le chiffre initialement prévu était de 13,45 millions).

Les promoteurs du projet soulignent que la Maison de l’Histoire Européenne coûtera moins que d’autres musées, mais cela – rétorquent les critiques – ne la rend pas pour autant nécessaire. Certains pensent d’ailleurs que le coût final sera beaucoup plus élevé.

Tour d’ivoire

La commission des Budgets du Parlement vient d’approuver le budget 2012, qui prévoit notamment le financement du futur musée. Le vote sera très probablement confirmé à Strasbourg le 26 octobre, ce qui devrait permettre aux travaux d’avancer sans obstacles, d’autant que la Commission européenne a récemment réitéré son soutien au projet.

Mais le Parlement aura gâché une bonne occasion: au lieu de partager cette idée avec les citoyens, d’essayer de les impliquer dans la réalisation d’un musée qui devrait raconter leur histoire (ou plutôt leurs histoires), il a préféré agir seul.

C’est en fait le Bureau, formé par le président du Parlement, les 14 vice-présidents et cinq questeurs, qui a géré le dossier dès le début, ce qui n’a pas manqué de contrarier le reste de l’assemblée. Dans un document du 10 mai 2011, le Parlement « regrette que les décisions relatives à la Maison de l’histoire européenne aient été uniquement adoptées par le bureau du Parlement ».

Conflit d’intérêts

….

Un projet qui mobilise surtout les eurosceptiques

Que l’on partage ou pas cette opinion, il faut reconnaître que la communication autour de ce projet censé exalter l’importance de l’UE a été pour le moins maladroite. La discrétion des responsables a laissé le champ libre aux eurosceptiques. En ligne, le futur musée est souvent soit critiqué par des journalistes ou des blogueurs, soit mentionné dans des articles rapportant les polémiques qu’il a suscitées.

Isabelle Durant, eurodéputée Ecologiste et vice-présidente du Parlement, est consciente du problème. Bruxelloise et européenne convaincue, elle défend avec vigueur la nécessité d’un lieu qui, au cœur de l’Europe, retrace le parcours historique liant ses citoyens. Mais elle reconnaît que le projet a été très mal « vendu »:

Même les députés qui soutiennent l’idée du musée se montrent réticents quand on commence à parler de financements. Ce musée doit pourtant être une vitrine, on ne peut pas faire un truc rikiki! Je suis au Parlement seulement depuis 2009, mais j’ai remarqué que dès qu’on sort du travail législatif, on a du mal à obtenir du soutien, surtout sur des sujets immatériels comme la culture. Par contre on finance sans moufeter des projets comme [le réacteur nucléaire] ITER, parce qu’il y a l’industrie derrière… »

Le problème, ajoute-t-elle, c’est que ceux qui disent soutenir le projet ne le font pas ouvertement:

Et à force de ne pas en parler, le projet n’obtient pas le rayonnement qu’il mérite. Tout cela empêche une stratégie qui serait beaucoup plus porteuse: mettre les gens en appétit, montrer ce qui se fait déjà. Cela enclencherait un cercle vertueux de soutien ».

Est-il vraisemblable que le musée ouvre ses portes dans trois ans à peine? « Absolument pas », assure-t-elle. « A mon avis il sera terminé en 2018. D’ailleurs, le Parlamentarium aussi a été inauguré avec deux ans de retard ».

Il faudrait plus de transparence, donc. Sur les dates, et surtout sur les chiffres. Marta Andreasen n’a pas hésité à « animer » l’inauguration du Parlamentarium en rappelant qu’il a coûté plus que prévu. Il y aura toujours des gens – eurodéputés et citoyens – peu tendres à l’égard de l’Union européenne. Pourquoi prêter le flanc aux critiques?  »

fin de citation !

© délirurabin

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Libeskind, Bastin, Samyn, Calatrava, Balat

devoirs de vacance

Gustave Eiffel, André Waterkeyn, Jean Van Doosselaere, André Paduar, Renzo Piano, Richard Rogers, Gianfranco Franchini… ont ponctué le paysage d’erreurs mythiques, décriées, encensées.

Chacun de nous se doit d’appréhender la juste mesure des choses…

Unesco, Pays noir, Tombouctou, Art moderne, la difficile existence des sites particuliers
Nos conservateurs obscurs broient du noir ©delirurbain
Mali : la menace plane sur les manuscrits de Tombouctou
“Le Monde.fr avec AFP | 02.07.2012 à 20h06 • Mis à jour le 02.07.2012 à 20h06“

Bruxelles chancre avait sa poésie, Bruxelles civilisée risque son âme: Bruxelles Dubaï, Bruxelles Shangaï, Bruxelles Guggenheim, Bruxelles Portzamparc, Bruxelles Atenor: n’est-il pas temps de réfléchir autrement? N’y-a-t-il plus de voix discordante audible?

A quoi donc pourrait ressembler un musée d’art moderne?

Muséographie actuelle – Musée des Beaux Arts de Bruxelles (ancien musée d’art moderne) – Direction MICHEL DRAGUET ©delirurbain 2012

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canal 007 et autres faits d’architecture

Orpéa

Entrée de ville – rue de la loi – 21 juin 2012
à gauche, ancienne bibliothèque du Parlement – ©delirurbain

Un mouvement d’humeur ne se substitue pas à la qualité de l’architecture
Ce blog n’est pas nostalgique, encore moins passéiste, mais il est difficile d’adhérer sans critique, à la ville que beaucoup nous proposent et, pour n’en citer que quelques uns, de nombreux projets remettent en question la ville et son/ses sens: ville pour habiter, ville business, ville musée, ville playstation. Bruxelles se veut sur les « starting block » Néo, Up-place, Godin, Rives, Atenor, Jaspers, Christophe Lambert, Orpea oscillent (? si peu) entre plaisir de vivre et fond de commerce. Le Soir de ce mercredi est très instructif et bien peu critique: Charles Picqué fixe « enfin » les règles au Midi (p 20): exit le projet pharaonique de Jean Nouvel?  « Il faudra faire des arbitrages, certains projets devront être revus ou abandonnés » dixit le ministre président Charles Picqué. – Le Soir – 20 juin 2012.
Enfin, pourrait-t-on dire.

Institut dentaire Georges Eastman 21 juin 2012 – © delirurbain

Dans la même parution, nous apprenons que l’autorisation a été délivrée pour transformer le bâtiment dit « clinique dentaire Georges Estman » en une somptueuse « Maison de l’histoire euopéenne » moyennant trois étages supplémentaires au sein d’un parc prometteur:

Institut dentaire Georges Eastman  – simulation grossière du gabarit – ©delirurbain
Samyn, Lhoas, Nouvel, Blondel…quel sera l’heureux élu pour cette délicate intervention?

lycée Jacqmotte, bibliothèque Solvay, musée des sciences naturelles, toutes cibles potentielles d’améliorations. Densifier est le leitmotif justifié par le fort taux de reproductibilité des architectes.

de la désinformation comme objectivité – extrait du journal LE SOIR du 20 juin 2012

Je ne résiste pas à citer cette dernière information, qui une fois encore, semble n’être documentée que par le principal acteur, les « Marian » propriétaires de la chaîne de maisons de repos « Orpéa »
op cit Wikipédia : « M. Marian est son président et possède 32 % de l’entité soit une fortune dépassant les 400 millions d’euros et fait partie des meilleurs progressions de fortunes du magazine « Challenges » chaque année. Orpea profite pleinement des subsides alloués en Belgique aux maisonx de repos et de soins .Ainsi Orpea peut maximiser ses profits. »
Titre glorieux: une nouvelle entrée de ville!
L’article ne parle pas d’architecture.
Le visuel du journal est partisan, cadré de façon à faire oublier la symétrie actuelle, même si les aménagements successifs ont partiellement altéré les qualités originelles.
Philippe Verdussen , architecte prometteur (derrière lui, il compte déjà une production de plus de 500 000 m² neufs ou rénovés, seul ou en association : l’Ambassade des Etats-Unis, le Lex 65, les sièges de Rossel et de RTL, le complexe du Casino, le Forum, le Platinum, le site de Tour & Taxis…cfr La Libre 15 05 2010) explique: le bâtiment date de 1843, il a été modifié à plusieurs reprises de manière maladroite, nous allons le détruire et le reconstruire de facture assez classique pour accentuer la symétrie avec l’immeuble voisin !!! »  Requiem in pace.

Vive l’audace, le pastiche a encore de beaux jours devant lui, chacun s’appuyant sur la copie de l’autre pour s’intégrer dans l’imaginaire de l’architecte

Porte de la Loi, ou l’impossible maison de repos d’Orpéa
une vision prophétique de l’architecture à Bruxelles ©delirurbain

Une fois de plus, il n’est nullement question de pleurer le passé. Par contre cette façon de pratiquer l’urbanisme, on ne peut  parler ici, d’architecture, semble d’une pauvreté intellectuelle sidérante proche de celle qui a prévalu dans les années cinquante, qui a permis aussi de démolir sans état d’âme la tour Rogier, la maison du peuple, les halles centrales: pour proposer  de nouveaux chefs d’œuvres? Doux rêveurs, Godron Bunschaft n’aurait plus sa place ( cit.: Le Baron Lambert déclara lors d’une interview au Times Magazine : «J’aime à penser, que si Laurent de Medici pouvait être présent et voyait le bâtiment il pourrait dire ceci : ‘C’est la manière dont je l’aurais conçu actuellement’».. )

Canal de Charleroi – Anderlecht – © delirurbain 2010
dans l’axe, le site du projet « Rives »

Leurr’op in Brussels

le renouveau de l’architecture, sera-t-il dû à Europe, l’architecte prometteur s’appellera-t-il Rhadamante ou Minos?
A Bruxelles, l’énigme reste entière.

Je vous livre quelques réflexions “brut de décoffrage“ aurait pu dire ce maçon maffieux de notre connaissance,
Nos architectes régionaux peinent à la tâche, Samyns par total complaisance, Jaspers par krediet banking courroucé, Arno Quinze d’Espagne casse la croûte place du Congrès alors que nos industrieux constructeurs s’éclatent en Azerbaïdjan, Abu Dhabi ou Dubaï, pays de la main d’œuvre reine et de la libre expression.

Arne Quinze Jaspers-Eyers et Archi 2000 – projet appelé à prendre place/place du Congrès sur l’ancienne cité administrative ©DR

Pol Pot Zamparc prend la main et son pied dans le tapis rouge de rue de la loi.
La rédemption viendra peut-être d’audacieux visionnaires. Au dix-neuvième siècle, déjà les promoteurs ont dessiné Bruxelles mais sous la houlette de LÉOPOLD II, JULES Besme et autres. Les promoteurs sont toujours là, mais qui aujourd’hui met les jalons? Evelyne, Charles, Philippe, Christian, Emir, quelle est la vision défendue?

ATLAS, terrassé par Christophe Lambert, en terrasses de luxe ( à l’arrière)
à l’avant, projet tout aussi exclusif quai Demets

Dans Archi Urbain du 27 mais 2012, Philippe de Bloos et Christophe Lambert (L’acteur Christophe Lambert habitera-t-il bientôt un loft sur les bords du canal à Anderlecht ? En tout cas, il est associé à un projet immobilier qui devrait bientôt voir le jour. Il s’agit de reconvertir le site de l’ancienne brasserie ATLAS. Ce projet fait partie d’un ensemble beaucoup plus ambitieux – RTBF.be info – 7 mai 2012) .nous présentent leur ambitieuse vision de la rénovation des quartiers “populaires“ partis à vau l’eau faute d’entreprises : virer le peuple déjà bien absent pour repeupler le monde correctement. L’eau à tout va, mais pas à n’importe quel prix.
« Le concept que nous souhaitons développer, c’est profiter de la présence du canal, juste là, de faire une brèche dans le mur du canal et de faire ici un vrai b[r]assin à l’image d’autres opérations architecturalement réussies à Londres ou ailleurs… ça permettrait d’avoir une activité…un charme intéressant » et même “une intéraction générationnelle telle une maison de repos » ( et pourquoi pas un crématorium pour fournir l’énergie renouvelable au quartier)
L’ambition de ces projets est stupéfiante: Atenor au Nord, je cite: “ATENOR GROUP est une société de promotion immobilière cotée sur NYSE Euronext Brussels.Sa mission vise à apporter, par son approche urbanistique et architecturale, des réponses adéquates aux nouvelles exigences qu’impose l’évolution de la vie urbaine et professionnelle : mobilité, respect de l’environnement, densification urbaine, insécurité…Interlocuteur privilégié des pouvoirs publics, ATENOR GROUP poursuit une politique de dialogue constructif avec les autorités et les administrations locales. Dans cet esprit, ATENOR GROUP investit dans des projets immobiliers d’envergure répondant à des critères très stricts en terme de localisation, de mixité, de diversification, de qualité technique, d’efficience économique et de développement durableet l’on pourrait ajouter de repli sur soi-même tant il est proposé de pratiquer l’autarcie sociale.

Pas un mot sur le tissus social existant ou non, pas un mot sur la qualité architecturale de leurs projets: usurper le territoire , usurper la voie d’eau au profit des seuls nantis, seuls capables d’acquérir ces biens dont les marinas seront probablement financées par l’argent public en tant qu’aide à la « revalorisation des anciennes friches industrielles »

notes:
voir page wikipédia: Christophe Lambert est cofondateur du site Internet d’échange et de dons en ligne surlecoup (objets, services, rencontres -nde: pas les organes).
Christophe Lambert est également un acteur enragé pour la protection de la nature et des animaux. Il est un ami fidèle du Dr Jane Goodall et membre de son Institut.

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itinéraires obscurs

2012 sera un grand cru de l’Art

De nombreux lieux privés d’Art ou lieux d’art privé  se sont ouverts ou fermés  à Bruxelles ces derniers mois, accessibles par hasard, par paiement ou peut-être à la tête du client. Il est évident que ces initiatives privées pérennes ou épisodiques ne sont pas destinées à suppléer un véritable “Musée“, pas plus que les foires telles ARTBRUSSELS au Heysel, SLICKS BRUSSELS à la Wild Gallery (anciennement Diamant Boart) , OFF ART FAIR BRUSSELS 2012 à l’ancienne Bourse de Bruxelles.
Paul Magnette, ministre et explorateur téméraire, annonce par ailleurs (La Libre du 10/02/2012) sa décision d’affecter une surface de 3.000 à 5.000 m² détectée récemment au sein du Mammouth (KMSKB-MRBAB) en pleine hibernation,  au redéploiement des collections d’art moderne, la durée exacte du réveil restant  à déterminer.
Et surprise du chef, le Musée d’Art Moderne, jamais en reste, [r]ouvre ses portes avec une exposition “prestigieuse“ de tirages récents de photos anciennes de Stanley Kubrick.
Arguant d’affirmations de MD a.i., Paul Magnette, je cite:

“Le directeur général des MRBAB a jugé préférable de concentrer les moyens de mécénat et de sponsoring sur l’exposition « Jordaens et l’Antiquité » (12.10.12-27.01.13) et de présenter ce printemps (21.03.2011-01.07.2012) une exposition de photos du réalisateur Stanley Kubrick. Il s’agit de photos qui précèdent la carrière au cinéma du réalisateur dans une scénographie mettant aussi en valeur des pièces issues des collections des MRBAB.“ cherchez bien, je n’ai rien trouvé de semblable.

L’intérêt essentiel de cette exposition, n’est nullement l’œuvre présentée, déjà vue à Paris et promise à d’autres lieux, d’autres capitales, comme tant d’autres machines, quel qu’en soit son véritable intérêt, mais la visite souterraine de ce qui fut le Musée d’Art moderne de Bruxelles.

Parcourant le dédale souterrain qui relie cette noble et défunte institution aux Musées Royaux d’Art (Ancien ), au soi-disant département d’art moderne appelé Magritte Museum, dédale que Le Directeur Actuel (M.D.) dans un moment de confidence spontanée, avouait vouloir étendre à tout le réseau underground du mont des Arts, mon cœur se serre: que reste-t-il de ce bâtiment sinistré, tant décrié par son directeur, que reste-t-il de ce musée “Titanic“ pour employer un terme anniversaire. Vais-je trouver ce bâtiment scindé en deux, envahi par les flots, ou des hordes [sauvages] d’anguilles? Une scénographie novatrice à la Schuiten, va-t-elle me projeter au milieu d’un Nautilus de carton pâte pour prémétro, dans une glauque lumière sous-marine?

tel un parcours initiatique… ©delirurbain 2012

…un long dédale obscur débouche…au niveau -3 ©delirurbain 2012

…sur un éblouissement spatial intemporel!!! ©delirurbain 2012

Je tâte les murs, non, il ne s’agit pas d’une visite virtuelle! Sur ma droite, je retrouve les diverses alcôves ou trônaient quelques pièces de la collection évacuée, niches servant aujourd’hui de dépôt rudimentaire, agréablement plongées dans l’ombre, par respect pour Stanley, la mascotte bouche trou  actuelle de “l’art  photographique moderne“, intégration que le directeur des lieux réclamait à corps et cri, projet abouti donc.

Ce qui frappe dès l’abord, est cette scénographie, certes sommaire, mais surtout obscure, qui consiste à plonger les lieux dans une délicate pénombre,  telle que je l’avais traversée au sein du Magrittemuseum et du MAS à Anvers. Une obscurité au sein de laquelle  seule votre ombre vient vous tenir compagnie, s’interposant même parfois entre vous et l’objet de votre curiosité…quel délicat suspens. La première surprise passée, je cherche des yeux la trace des  travaux herculéens qui ont provoqué la fermeture du lieu, inadapté, cela saute aux yeux, à toute tentative de réhabilitation. Le sol est d’époque, certains détails d’usure ne trompent pas, l’orientation des cloisons est toujours la même. Ce qui surprend vraiment est la pénombre.

Roger Bastin a construit son bâtiment autour d’un puit de lumière, induisant une lumière indirecte, modulable: Il n’en reste rien. C’était donc cela le grand challenge: occulter durablement le naufrage du lieu voulu par son directeur. Quelques marches plus bas, je suis au cœur de l’exposition et de la confirmation de la supercherie médiatique: rien n’a changé, le musée moderne est toujours bien là, les cloisons ont la même orientation, le plafond paraît d’origine, les prises électriques, les prises d’air ont peut-être subit une cure de jouvence mais si discrète…

L’intervention magistrale de notre grandiose scénographe consiste en l’occultation totale du lieu.

et… l’arrivée au niveau -4, vu de l’extrémité sud ©delirurbain 2012

Je cherche des traces d’inadéquation, de faiblesse des structures, des infiltrations majeures: rien ne se manifeste. L’immersion est étonnante: de nombreux  visiteurs se promènent dans cet antre tant décrié: il a suffit de quelques affiches et d’un peu de battage médiatique pour [re]donner vie à cette épave bien cachée : sous les pavés, la plage:  pourquoi pas le musée?

Ce vendredi 13 avril, contrairement au présupposé des superstitions, je suis ressorti indemne de cette visite, et pour le prouver, je vous livre volontiers quelques vues du chantier des niveaux -5 et – 6, qui témoignent de la fébrilité des acteurs de terrain

échelle et brouette au niveau -5 ©delirurbain 2012.

activité fébrile au niveau -6 ©delirurbain 2012
les stores blancs correspondent au niveau -4 déjà occulté
le niveau -6 présentant les stigmates du maçon:
échafaudages, échelles, blocs de béton cellulaire, etc…

Et pour clore la journée une vue de ces pavés tant décriés en 1968, à la fois arme menaçante et cachette surprise du musée à la plage

sous les pavés, le Musée
un splendide espace
dédié au collectionneur vorace
©delirurbain-2012

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